Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)Hutton, James
Science
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)
Hutton, James
Geology -- Early works to 1800
«Nous pouvons accélérer de bien des manières la transformation
des matières terrestres en _terre végétable_. La fermentation, la
calcination, une plus grande exposition à l'air, différens mélanges,
rendent propres à la végétation, des matières qui ne l'étoient par
elles-mêmes: voila ce que peuvent nos soins. Mais l'air travaille sans
cesse et en mille manières. Son simple frottement sur tous les corps, en
enlève des particules si atténuées que nous ne les reconnoissons plus.
La _poussière_ de nos appartemens en est peut-être un exemple. De
quelque nature que soient les corps dont elle se détache, c'est une
poudre grisâtre qui semble être partout la même. La formation de la
_terre végétable_ a probablement quelque rapport à celle-là. Toute la
surface de la terre, les rocs les plus durs, les sables et les graviers
les plus arides, les métaux même, éprouvent l'action _rongeante_ de
l'air et leurs particules atténuées, décomposées, recomposées de mille
manières, sont probablement la source principal de la végétation.
_L'air_ lui-même ainsi que _l'eau_, s'y combinent: beaucoup
d'observations et d'expériences nous prouvent que ces deux fluides
fournissent leur propre substance aux parties solides des végétaux,
et par conséquent à la _terre végétable_ qui les produit et qu'ils
déposent. Quantité de plantes se nourrissent de _l'eau_ seule, et
nous laissant cependant en se séchant, un résidu de matière solide
permanente. _L'air_ aussi se _fixe_ dans les corps terrestres, il fait
partie de leur substance solide; les chimistes savent de plus en plus,
et le _fixer_, et lui redonner son élasticité primitive, par divers
procédés: et avant la multitude d'expériences qui se sont de nos jours
sur cet objet intéressant de la physique, le Dr. Hales avoit montré, que
les végétaux renferment une très-grande quantité _d'air_, qui s'y trouve
sans ressort et comme matière constituante.
«Voila donc probablement les sources où la nature puise peu à peu la
_terre végétable_ dont elle recouvre la surface de nos continens. Ce
sont les particules, peut-être, de tous les corps tant solides que
fluides, extraites ou fixées par des procédés qui les rapprochent
de leurs premiers élémens, et leur font prendre à nos yeux une même
apparence. Ces particules sont ainsi rendues propres à circuler dans
les semences des plantes, à en étendre le tissu à y prendre toutes les
propriétés qui caractérisent chaque espéce, et à les conserver tant
que la plante existe. Ces mêmes particules, après la destruction
des plantes, prennent le caractère général de _terre végétable_,
c'est-à-dire de provision toute faite pour la végétation.
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