Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)Hutton, James
Science
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)
Hutton, James
Geology -- Early works to 1800
«Les plus petits recoins des montagnes, qui peuvent arrêter l'eau de
la pluie, sont certainement fertilisés; ce ne sont pas seulement les
grandes surfaces plates, ni les pentes; ce sont même les faces escarpées
des rochers les plus durs. S'il s'y fait quelque crevasse, un arbre s'y
établit bientôt; et souvent il contribue, par l'accroissement de ses
racines, à accélérer la chute du lambeau de rocher qui l'avoit reçu.
S'il y a quelque petite terrasse, ou seulement quelque partie saillante
grande comme la main, elle est bientôt gazonnée. Les plus petites
sinuosités se peuplent de plantes; et les surfaces les plus unies,
celles mêmes qui sont tournées vers la bas, reçoivent au moins
quelqu'une de ces _mousses_ plates, nommés _lichen_ par les botanistes,
qui ne font en apparence que passer une couleur sur la pierre. Mais
cette couche est écaillée, et elle loge bientôt de petites plantes dans
ses replis; de celles qui veulent l'ardeur du soleil, si le rocher est
au midi, ou la fraîcheur de l'ombre, s'il est au nord: c'est sur ces
rochers en un mot, qui paroissent nues aux spectateurs ordinaires, que
se trouve la plus grande variété de ces petites plantes, qui font les
délices des botanistes, et l'une des sources les plus abondantes où la
médicine puise les secours réels qu'elle fournit à l'humanité.
«Quelle richesse dans les ressources de la nature! La pesanteur n'est
pas plus prête à entraîner les pierres qui se détachent des montagnes,
que l'air à fournir de semences celles qui se fixent: et dès qu'une fois
elles sont recouvertes de plantes, elles sont certainement fixées pour
toujours, du moins contre les injures de l'air. Le fait même nous
l'annonce. Si ces ravins ou ces terreins quelconques, tendoient encore à
rouler ou à se dégrader, en un mot à se detruire de quelque manière que
ce fut, ils ne le recouvriroient, ni de _mousses_ ni d'aucune autre
plante. La première végétation est due à quelque dépôt de _terre
végétable_; et les pluies ou l'air n'en forment que lentement; le
moindre mouvement la détruite. Le terrein est donc bien certainement
fixe quand il se recouvre de plantes; et s'il s'y accumule de la _terre
végétable_, c'est un signe bien evident que rien ne l'attaque plus: car
elle seroit la première emportée si quelque cause extérieure tendoit a
detruire le sol qui la porte.»
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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