Hugo, Victor, 1802-1885 -- Criticism and interpretation
LE MARQUIS DE NANGIS (_se relevant_).
Je dis qu'il est bien temps que vous y songiez, sire;
Que le cardinal-duc a de sombres projets,
Et qu'il boit le meilleur du sang de vos sujets.
Votre père Henri, de mémoire royale,
N'eût pas ainsi livré sa noblesse loyale;
Il ne la frappait point sans y fort regarder;
Et, bien gardé par elle, il la savait garder.
Il savait qu'on peut faire avec des gens d'épées
Quelque chose de mieux que des têtes coupées;
Qu'ils sont bons à la guerre. Il ne l'ignorait point,
Lui dont plus d'une balle a troué le pourpoint.
Ce temps était le bon. J'en fus, et je l'honore,
Un peu de seigneurie y palpitait encore.
Jamais à des seigneurs un prêtre n'eût touché.
On n'avait point alors de tête à bon marché.
Sire! en des jours mauvais comme ceux où nous
sommes,
Croyez un vieux, gardez un peu de gentilshommes.
Vous en aurez besoin peut-être à votre tour.
Hélas! vous gémirez peut-être quelque jour
Que la place de Grève ait été si fêtée,
Et que tant de seigneurs de bravoure indomptée,
Vers qui se tourneront vos regrets envieux,
Soient morts depuis longtemps qui ne seraient pas
vieux!
Car nous sommes tout chauds de la guerre civile,
Et le tocsin d'hier gronde encor dans la ville.
Soyez plus ménager des peines du bourreau.
C'est lui qui doit garder son estoc au fourreau,
Non pas vous. D'échafauds montrez-vous économe.
Craignez d'avoir un jour à pleurer tel brave homme,
Tel vaillant de grand cœur, dont, à l'heure qu'il est,
Le squelette blanchit aux chaînes d'un gibet!
Sire! le sang n'est pas une bonne rosée;
Nulle moisson ne vient sur la Grève arrosée,
Et le peuple des rois évite le balcon,
Quand aux dépens du Louvre on peuple Montfaucon.
Meurent les courtisans, s'il faut que leur voix aille
Vous amuser, pendant que le bourreau travaille!
Cette voix des flatteurs qui dit que tout est bon,
Qu'après tout on est fils d'Henri Quatre, et Bourbon,
Si haute qu'elle soit, ne couvre pas sans peine
Le bruit sourd qu'en tombant fait une tête humaine.
Je vous en donne avis, ne jouez pas ce jeu,
Roi, qui serez un jour face à face avec Dieu.
Donc, je vous dis, avant que rien ne s'accomplisse,
Qu'à tout prendre il vaut mieux un combat qu'un
supplice,
Que ce n'est pas la joie et l'honneur des états
De voir plus de besogne aux bourreaux qu'aux soldats,
Que c'est un pasteur dur pour la France où vous êtes
Qu'un prêtre qui se paye une dîme de têtes,
Et que cet homme illustre entre les inhumains
Qui touche à votre sceptre--a du sang à ses mains!
In the fifth scene of the first act of _Le Roi s'amuse_, an old nobleman
whose life, forfeit on a charge of friendship or relationship with
rebels, has been repurchased by his daughter from the king at the price
of her honor, is insulted by the king's jester when he comes to speak
with the king, and speaks thus, without a glance at the jester.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account