A Selection from the Comedies of MarivauxMarivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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A Selection from the Comedies of Marivaux
Marivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
Comedy plays
SCENE DERNIERE.
M. ORGON, SILVIA, DORANTE, LISETTE, ARLEQUIN, MARIO.
SILVIA.
Ah! mon pere, vous avez voulu que je fusse a Dorante: venez voir votre
fille vous obeir avec plus de joie qu'on n'en eut jamais.
DORANTE.
Qu'entends-je! vous, son pere, Monsieur?
SILVIA.
Oui, Dorante. La meme idee de nous connoitre nous est venue a tous deux;
apres cela, je n'ai plus rien a vous dire. Vous m'aimez, je n'en saurais
douter; mais, a votre tour, jugez de mes sentiments pour vous; jugez du
cas que j'ai fait de votre coeur par la delicatesse avec laquelle j'ai
tache de l'acquerir.
M. ORGON.
Connoissez-vous cette lettre-la? Voila par ou j'ai appris votre
deguisement, qu'elle n'a pourtant su que par vous.
DORANTE.
Je ne saurais vous exprimer mon bonheur, Madame;[253] mais ce qui
m'enchante le plus, ce sont les preuves que je vous ai donnees de ma
tendresse.
MARIO.
Dorante me pardonne-t-il la colere ou j'ai mis Bourguignon?
DORANTE.
Il ne vous la pardonne pas, il vous en remercie.
ARLEQUIN.
De la joie, Madame: vous avez perdu votre rang; mais vous n'etes point a
plaindre, puisqu'Arlequin vous reste.
LISETTE.
Belle consolation! il n'y a que toi qui gagne a cela.
ARLEQUIN.
Je n'y perds pas. Avant notre reconnoissance, votre dot valoit mieux que
vous; a present, vous valez mieux que votre dot. Allons, saute,
marquis![254]
* * * * *
LE LEGS
COMEDIE EN UN ACTE, EN PROSE
ACTEURS.
LA COMTESSE.
LE MARQUIS.
HORTENSE.
LE CHEVALIER.
LISETTE,[1] suivante de la Comtesse.
LEPINE,[2] valet de chambre du Marquis.
SCENE PREMIERE.
LE CHEVALIER, HORTENSE.
LE CHEVALIER.
La demarche que vous allez faire aupres du Marquis m'alarme.
HORTENSE.
Je ne risque rien, vous dis-je. Raisonnons. Defunt son parent et le mien
lui laisse six cent mille francs, a la charge, il est vrai, de m'epouser
ou de m'en donner deux cent mille: cela est a son choix; mais le Marquis
ne sent rien pour moi. Je suis sure qu'il a de l'inclination pour la
Comtesse; d'ailleurs, il est deja assez riche par lui-meme: voila encore
une succession de six cent mille francs qui lui vient, a laquelle il ne
s'attendoit pas; et vous croyez que, plutot que d'en distraire deux cent
mille, il aimera mieux m'epouser, moi qui lui suis indifferente, pendant
qu'il a de l'amour pour la Comtesse, qui peut-etre ne le hait pas, et qui
a plus de bien que moi? Il n'y a pas d'apparence.
LE CHEVALIER.
Mais a quoi jugez-vous que la Comtesse ne le hait pas?
HORTENSE.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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