"Pour comprendre de quoi il s'agit dans la crise extrême où
l'Europe vient d'entrer, voici ce qu'il faudrait se dire:
Depuis longtemps il n'y a plus en Europe que deux puissances
réelles, la Révolution et la Russie. Ces deux puissances sont
maintenant en présence, et demain peut-être elles seront
aux prises. Entre l'une et l'autre, il n'y a ni traité ni
transaction possibles. La vie de l'une est la mort de l'autre.
De l'issue de la lutte engagée entre elles, la plus grande des
luttes dont le monde ait été témoin, dépend pour des siècles
tout l'avenir _politique et religieux_ de l'humanité.
La Russie est _avant tout l'empire chrétien_; le peuple
russe est chrétien, non-seulement _par l'orthodoxie_ de ses
croyances, mais par quelque chose de plus intime encore que
la croyance: il l'est par cette faculté du renoncement et du
sacrifice, qui sont comme le fond de sa nature morale.
Il y a heureusement sur le trône de Russie un souverain en qui
la pensée russe s'est incarnée, et dans l'état actuel du monde
la pensée russe est la seule qui soit placée assez en dehors
du milieu révolutionnaire pour pouvoir apprécier sainement les
faits qui s'y produisent.
Tout ce qui reste à la Bohême de vraie vie nationale est dans
_ces croyances hussites_, dans cette protestation toujours
vivante de sa nationalité slave opprimée contre _l'usurpation
de l'église romaine_, aussi bien que contre la domination de la
nation allemande. C'est là le lien qui l'unit à tout son passé
de lutte et de gloire, et c'est là aussi le chemin qui pourra
rattacher un jour le Tchèque de la Bohême à ses frères d'Orient.
On ne saurait assez insister sur ce point, car ce sont
précisément ces réminiscences sympathiques de l'église
d'Orient, ce sont ces retours vers la _vieille foi_ dont le
hussitisme dans son temps n'a été qu'une expression imparfaite
et défigurée, qui établissent une différence profonde entre la
Pologne et la Bohême, entre la Bohême ne subissant que malgré
elle le _joug de la communauté occidentale_, et cette Pologne
_factieusement catholique, seide fanatique de l'Occident_, et
toujours traître vis-à-vis des siens."
We add a few more extracts:--
"Que fera la Bohême, avec les peuples qui l'entourent, Moraves,
Slovaques, c'est-à-dire, sept ou huit millions d'hommes de même
langue et de même race qu'elle?... En general c'est une chose
digne de remarque, que cette faveur persévérante que la Russie,
le nom Russe, sa gloire, son avenir n'ont cessé de rencontrer
parmi les hommes nationaux de Prague."--(Page 15.)
At page 18 we find the following observations upon Hungary:--
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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