Collections and RecollectionsRussell, George William Erskine
History
Collections and Recollections
Russell, George William Erskine
England -- Social life and customs -- 19th century
William et John Scott, plus tard Lord Stowell et Lord Eldon, ayant
obtenu quelque succès comme avocats; dans leurs jeunes aimées, avaient
résolu de célébrer l'événement par un dîner à la taverne, après quoi
l'on irait au théâtre. En payant l'addition, William laissa tomber une
guinée que les deux frères ne purent retrouver. "Mauvaise affaire," fit
William: "voilà qu'il nous faut renoncer au théâtre." "Que non pas," dit
John: "je sais une tour qui vaut mieux." Il appela la servante. "Betty,
nous avons perdu deux guinées: voyez donc si vous pouvez les retrouver."
Betty se met à quatre pattes et cherche si bien qu'elle retrouve la
pièce. "Bonne fille," fait William: "quand vous trouverez l'autre, vous
pourrez la garder pour votre peine." Et les deux frères s'en furent au
théâtre, et plus tard aux plus hautes dignités de la magistrature. La
pauvre Betty a-t-elle jamais compris le tour? Il se peut: ce n'est point
par la délicatesse et les scrupules que se distinguait la clientèle à
laquelle elle avait d'habitude affaire.
De façon générale, pourtant, ce monde avait un certain courage
personnel.
Le cinquième comte de Berkeley avait dit un jour, devant témoins, qu'il
n'y a point de honte à être réduit par des adversaires, quand ceux-ci
l'emportent par le nombre, mais que, pour lui, il ne se rendrait jamais
à un voleur de grand chemin qui l'attaquerait seul.
En ce temps le brigandage était répandu. Une nuit qu'il se rendait de
Berkeley à Londres, sa voiture fut arrêtée par un seigneur de grande
route qui, passant sa tête à la portière, lui dit: "N'êtes-vous pas Lord
Berkeley?"
"Certainement," répliqua celui-ci.
"C'est bien vous qui avez déclaré que vous ne vous rendriez jamais à un
voleur de grand chemin qui vous attaquerait seul?"
"Parfaitement."
"Eh bien!"--et ce disant il braquait un pistolet sur Lord Berkeley--"je
suis un de ces voleurs, et je suis seul; je vous demande la bourse ou la
vie."
"Chien couard," crie Lord Berkeley, "crois-tu donc me tromper? Est-ce
que je ne vois pas tes complices cachés derrière toi?"
Le voleur se retourne, surpris, pour voir ces complices qu'il ignorait,
car il était réellement seul, et dans ce moment Lord Berkeley lui brûle
la cervelle.
Courage, et surtout présence d'esprit. Cette anecdote a été racontée à
notre auteur par la propre fille de Lord Berkeley.
La religion n'inspirait qu'un médiocre respect. La faute en était en
partie à ses représentants, en partie à l'esprit général. Un pur
formalisme, une étiquette mondaine, telle elle était: rien de plus. Le
système était commode; il est resté tel, d'ailleurs, et non pas
seulement en Angleterre.
Le mépris des choses religieuses était naturel, et l'exemple partait de
haut. Un des frères du roi, le duc de Cambridge, s'était fait une
spécialité dans l'irrévérence, en se créant pour lui seul une liturgie,
et en répondant personnellement à l'officiant.
"Prions," disait ce dernier à la congrégation.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Elsewhere in the archive
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account