Contes et légendes. 1re PartieGuerber, H. A. (Hélène Adeline)
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Contes et légendes. 1re Partie
Guerber, H. A. (Hélène Adeline)
Fairy tales -- France; French language -- Readers; Legends -- France
"Prenez ce couteau d'argent, coupez le premier citron, et au même
instant une belle princesse paraîtra. Elle vous demandera à boire. Si
vous lui donnez immédiatement à boire dans la coupe d'or, elle restera
avec vous et sera votre femme; mais si vous hésitez, même un instant,
elle disparaîtra, et vous ne la reverrez plus jamais.
"Si vous avez le malheur de la perdre, coupez le second citron, et une
seconde princesse paraîtra, qui vous demandera aussi à boire. Si vous ne
lui donnez pas immédiatement à boire, elle disparaîtra aussi.
"Alors vous couperez le troisième citron, une troisième princesse
paraîtra; elle demandera à boire, et si vous lui permettez de
disparaître, aussi, vous n'aurez jamais de femme, et vous n'en
mériterez pas, parce que vous aurez été trop stupide."
Le prince écouta les instructions de la jolie dame avec beaucoup
d'attention; il prit le couteau d'argent, la coupe d'or et les trois
citrons, monta à cheval, et partit. Il passa à travers le royaume du
Printemps, de l'Été, de l'Automne, de l'Hiver, arriva au bord de la mer,
trouva le vaisseau, s'embarqua, et arriva au bout de trois jours, au
port où il s'était embarqué. Quelques jours après il arriva à la
fontaine près du château de son père.
Il descendit de cheval, prit les trois citrons et le couteau d'argent,
remplit la coupe d'or d'eau pure à la fontaine, et quand ces préparatifs
furent tous finis il coupa le premier citron d'une main tremblante. Au
même instant une princesse, belle comme le jour, se présenta devant lui,
et dit timidement: "Prince, j'ai soif, voulez-vous, s'il-vous-plaît, me
donner à boire?"
Mais le prince était si occupé à l'admirer, qu'il oublia la
recommandation du Printemps, et ne lui donna pas à boire. La princesse
le regarda un instant d'un air de reproche, et puis elle disparut. Le
prince, au désespoir, pleura et se lamenta. Il dit cent fois, au moins,
qu'il était bien stupide de laisser échapper une si belle princesse, et
enfin il se décida à couper le second citron.
Une seconde princesse, plus belle que la première, se présenta
aussitôt, et dit: "Prince, j'ai soif, donnez-moi à boire,
s'il-vous-plaît." Mais le pauvre prince était si surpris de sa beauté,
qu'il resta là, la bouche ouverte, et oublia de lui donner à boire. La
seconde princesse le regarda d'un air de reproche, et disparut aussi.
Alors le prince pleura et se lamenta, et dit au moins deux cents fois:
"Je suis stupide, très stupide," mais la princesse avait complètement
disparu.
Après avoir pleuré longtemps, le prince se décida à couper le troisième
citron, et une troisième princesse, plus belle que les deux autres, se
présenta devant lui: "Prince," dit-elle, timidement, "j'ai soif,
donnez-moi à boire, s'il-vous-plaît."
Le prince lui donna à boire immédiatement. Alors la princesse s'assit à
côté de lui, et quand il lui demanda si elle voulait bien être sa femme,
elle rougit, et dit, "Oui."
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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