Contes et légendes. 1re PartieGuerber, H. A. (Hélène Adeline)
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Contes et légendes. 1re Partie
Guerber, H. A. (Hélène Adeline)
Fairy tales -- France; French language -- Readers; Legends -- France
Le pauvre prince coupa le premier citron, en tremblant; la première
princesse parut, et demanda à boire, mais le prince dit: "Oh non,
charmante princesse, ce n'est pas vous que je veux pour femme." Il coupa
le second citron, la seconde princesse parut, et il lui refusa aussi à
boire. Mais quand il coupa le troisième citron et que la troisième
princesse parut, il lui donna à boire avec empressement, et elle resta
avec lui, et il l'embrassa avec joie.
La jolie princesse raconta toutes ses aventures au prince, et il dit que
la négresse serait punie. Mais le prince était si heureux de revoir sa
chère princesse qu'il dansa de joie. Le roi, entendant le bruit dans la
chambre du prince, arriva en colère, ouvrit la porte, et dit: "Mon fils,
vous êtes décidément fou! Pourquoi dansez-vous maintenant?"
"Oh mon père," répondit le prince, "je danse de joie, parce que j'ai
retrouvé la chère princesse, la plus jolie femme du monde!" et le prince
présenta la princesse à son père, qui la regarda avec admiration, et
dit: "Mon fils, vous avez raison, cette princesse est belle comme le
jour, blanche comme la neige, et je suis sûr qu'elle est aussi bonne et
intelligente qu'un ange!"
Alors le roi demanda au prince comment il avait retrouvé la princesse,
où elle avait disparu, et quand il eut entendu toute l'histoire, il dit:
"La négresse est une très méchante femme. Elle mérite une punition très
sévère."
Alors le roi prit un grand voile, le jeta sur la tête de la princesse,
et la mena dans la grande salle, où tous les courtisans étaient
assemblés autour de la négresse, qui portait une robe de satin rose
toute couverte de perles et de diamants.
Le roi s'avança vers la négresse et dit: "Madame, demain vous pensez
être la reine de ce royaume. Donnez-moi votre opinion, et dites-moi
quelle punition mérite la personne qui attaquerait la future femme du
prince, mon fils?"
"Une personne qui attaquerait la femme de votre fils mériterait une mort
terrible. Elle mériterait d'être jetée dans un grand four, rôtie toute
vive, et je commanderais que ses cendres fussent jetées au vent."
Le roi répondit: "Madame, vous avez prononcé votre propre punition. Vous
êtes une femme cruelle! Vous avez voulu tuer cette jolie princesse, la
future femme de mon fils, et vous serez jetée dans un four, rôtie toute
vive, et je commanderai que vos cendres soient jetées au vent!"
Alors le roi leva le voile de la princesse, et tous les courtisans et
toutes les dames d'honneur s'écrièrent: "Oh, quelle jolie princesse!"
La pauvre négresse se jeta à genoux devant le roi, et dit: "Mon roi, mon
roi, ayez compassion de moi, ayez compassion de moi, ne me faites pas
rôtir toute vive dans un four. Pardon, mon roi, pardon!"
Mais le roi refusa de pardonner à la négresse; alors la belle princesse
s'avança, et dit: "Votre majesté a promis de me donner un beau cadeau de
noces. Donnez-moi la vie de cette pauvre créature si ignorante!"
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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