Contes et légendes. 1re PartieGuerber, H. A. (Hélène Adeline)
General
Contes et légendes. 1re Partie
Guerber, H. A. (Hélène Adeline)
Fairy tales -- France; French language -- Readers; Legends -- France
Quand Finette ouvrit les yeux, elle vit le bailli au pied de son lit. Il
dit: "Mademoiselle, je suis venu pour vous épouser; levez-vous et
suivez-moi à l'église!"
"Oh!" dit Finette, "je ne suis pas sûre que vous ferez un bon mari!"
"Moi! Je ferai un mari excellent. Venez, venez tout de suite
(immédiatement)."
"Ah," dit Finette, "un bon mari arrange toujours le feu pour sa femme.
Arrangez le feu!"
"Très-bien!" dit le bailli, "j'arrangerai le feu." Le bailli saisit les
pincettes. Finette dit:
"Tenez-vous les pincettes, mon ami?"
"Oui," répondit le bailli; "oui, mon amour; je tiens les pincettes!"
"Misérable, que les pincettes vous tiennent, et que vous teniez les
pincettes jusqu'au coucher du soleil," dit Finette, en sortant de la
maison. Au même instant les pincettes commencèrent à danser.
Le pauvre bailli dansa aussi, car il ne pouvait se séparer des
pincettes. Il dansa toute la journée, malgré sa fatigue, malgré ses
cris, malgré ses larmes. Quand le soleil se coucha, il lâcha les
pincettes, et les pincettes le lâchèrent. Il ne resta pas dans la
maison, il ne chercha pas Finette; au contraire, il retourna chez lui,
et alla se coucher, car il était bien bien fatigué.
Quand le soir arriva, Finette rentra. Elle soigna sa vache, but un peu
de lait et se coucha.
Pendant ce temps la vieille femme avait raconté son histoire à une amie
seulement, en secret. L'amie l'avait racontée à une autre, en secret
aussi. Celle-ci l'avait racontée à une troisième, et avant la nuit, tout
le monde parlait de la demoiselle, qui avait donné un seau d'or à la
vieille femme.
Le maire entendit cette histoire. Il se dit: "Quelle bonne chose que je
ne sois pas encore marié. J'irai demain matin épouser cette demoiselle,
et je serai riche, plus riche que cette vieille femme qui cause tant."
Quand Finette ouvrit les yeux le lendemain matin, elle vit le maire, qui
lui dit: "Mademoiselle, levez-vous tout de suite; suivez-moi à l'église.
Moi, le maire de la ville, je vous fais l'honneur de vous épouser."
"Oh!" dit Finette, "je ne suis pas sûre que vous ferez un bon mari."
"Moi! Je ferai un mari excellent!" dit le maire pompeusement.
"Oh!" dit Finette, "un bon mari ferme toujours la porte!"
"Très-bien," dit le maire, "je fermerai la porte," et il alla la fermer.
"Tenez-vous le pommeau de la porte, cher ami?" demanda Finette.
"Oui, mon amour; je tiens le pommeau de la porte!" répondit le maire.
"Misérable, que le pommeau vous tienne, et que vous teniez le pommeau
jusqu'au coucher du soleil!" dit la jeune fille, et elle alla au bord de
la mer attendre Yvon.
Le pauvre maire était attaché à la porte, qui s'ouvrait et se fermait
violemment. Le maire était lancé contre le mur extérieur, et contre le
mur intérieur, et, malgré ses cris, malgré ses larmes, il continua cet
exercice violent jusqu'au coucher du soleil. Alors il lâcha la porte,
la porte le lâcha, et il rentra chez lui, et se mit au lit, car il était
bien fatigué.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account