Contes et légendes. 1re PartieGuerber, H. A. (Hélène Adeline)
General
Contes et légendes. 1re Partie
Guerber, H. A. (Hélène Adeline)
Fairy tales -- France; French language -- Readers; Legends -- France
"Moi," dit Coranda, "je vous ai tout bonnement obéi. Vous m'avez dit de
mettre du Persil dans la soupe et je l'ai fait; mais si vous n'êtes pas
content, vous n'avez qu'à le dire, je vous couperai le bout du nez, et
je partirai tout de suite."
"Mais non, mais non," dit le fermier, "je ne suis pas mécontent," et il
s'en alla en soupirant.
Le lendemain le fermier alla au marché avec sa femme et sa fille, et
avant de partir il dit à Coranda:
"Restez ici, et faites seulement ce que vous verrez faire aux autres."
Coranda, resté seul, regarda autour de lui et vit que les autres
ouvriers avaient placé une échelle contre une vieille grange afin de
grimper sur le toit pour le démolir. Il courut donc chercher une échelle
qu'il appuya contre la maison, et il se mit à démolir le toit neuf avec
tant d'ardeur, que le fermier trouva sa maison exposée à tous les vents
à son retour.
Ce spectacle le mit en colère, mais quand Coranda lui dit qu'il lui
couperait le nez s'il n'était pas content, il sourit avec contrainte et
déclara qu'il se trouvait parfaitement satisfait.
Le fermier, pressé de se débarrasser d'un serviteur si incommode,
consulta sa fille pour savoir comment il pourrait le renvoyer sans
perdre le nez.
"Allez vous promener avec lui dans le grand pré derrière la maison," dit
la jeune fille. "Je me cacherai dans les branches du pommier, et je
ferai 'coucou, coucou.' Vous lui direz alors que vous l'avez engagé
seulement jusqu'au printemps, et qu'il peut s'en aller puisque le coucou
a chanté."
Le fermier, charmé de cette bonne idée, alla se promener avec Coranda,
et dès qu'il entendit chanter le coucou il lui donna son congé.
"Très-bien, mon maître," répondit Coranda, "mais comme je n'ai jamais vu
de coucou il faut que je voie celui-là." En disant ces mots il courut au
pommier et le secoua si vigoureusement que la jeune fille tomba à terre
comme une pomme mûre.
Le fermier arriva en courant, car il croyait que la chute avait tué sa
fille, et s'écria:
"Misérable, partez de suite, si vous ne voulez pas que je vous tue!"
"Partir," reprit Coranda, naïvement, "pourquoi partir? N'êtes-vous pas
content?"
"Non," hurla le fermier en colère. "Je ne suis pas content et..."
"Alors permettez-moi de vous couper le bout du nez..."
"Non, non," dit le fermier, en détresse, "je veux garder mon nez, coûte
que coûte. Laissez-le-moi, et je vous donnerai dix moutons!"
"Ce n'est pas assez!" dit Coranda.
"Dix vaches alors."
"Non! je préfère vous couper le nez!" La jeune fille lui demanda alors à
quel prix il consentirait à pardonner à son père, et quand il dit qu'il
le ferait seulement à condition de l'obtenir pour femme, elle lui donna
la main en rougissant. Coranda invita tous les étudiants à ses noces,
qui furent magnifiques, et il se montra si bon gendre et si bon mari que
le fermier ne regretta jamais de l'avoir reçu dans la famille plutôt que
de perdre son nez.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account