“Nous allons établir que ce qu’il possédait au moment de sa
mort n’était que l’équivalent à peu près de sa charge d’avocat
aux conseils. Nous n’avons jamais su s’il a été fait des actes
de partage de son patrimoine et de celui de ses femmes, ni, si,
au moment de la confiscation de ses biens, il en a été dressé
inventaire, mais nous savons très-bien et très-exactement ce
que nous avons recueilli de sa succession, et nous allons le
dire, sans rester dans le vague sur aucun point, car c’est ici
que, comme nous l’avons annoncé, nos arguments vont être basés
sur des actes authentiques.
“Nous ferons observer que l’état que nous allons donner
comprend sans distinction ce qui vient de notre père et de
notre mère.
“Une loi de février 1791 ordonna que le prix des charges et
offices supprimés serait remboursé par l’État aux titulaires.
La charge que Danton possédait était de ce nombre. Nous n’avons
jamais su, pas même approximativement, combien elle lui avait
coûté. Il en reçut le remboursement sans doute, car précisément
vers cette époque, il commença à acheter des immeubles dont
voici le detail:—
“Le 24 mars 1791, il achète aux enchères, moyennant
quarante-huit mille deux cents livres, un bien national
provenant du clergé, consistant en une ferme appelée
Nuisement, située sur le finage de Chassericourt, canton de
Chavanges, arrondissement d’Arcis, département de l’Aube, à
sept lieues d’Arcis.... Danton avait acheté cette ferme la
somme de quarante-huit mille deux cents, ci
48,200 liv.
------
A reporter 48,200 liv.
“12 avril 91.—II achète aux enchères du district d’Arcis, par
l’entremise de maître Jacques Jeannet-Boursier....
[Then follows a list of purchases made in the month of April
1791, of which the most important is an extension to the house
at Arcis—the total of these is 33,600 livres; and in October
1791 a few acres of land in the town and a patch of wood for
3160 livres. Then follows the sum total.]
“Total du prix de toutes les acquisitions d’immeubles
faites par Danton en mil sept cent quatre-vingt-onze:
quatre-vingt-quatre mille neuf cent soixante livres, ci
84,960 liv.
“On doit remarquer qu’il est présumable que la plus grande
partie de ces acquisitions a dû être payée en assignats qui,
à cette époque, perdaient déjà de leur valeur et dont, par
conséquent, la valeur nominale était supérieure à leur valeur
réelle en argent, d’où il résulterait que le prix réel en
argent des immeubles ci-dessus indiqués aurait été inférieur à
84,960 livres.
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