Entretiens / Interviews / EntrevistasLebert, Marie
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Entretiens / Interviews / Entrevistas
Lebert, Marie
Internet; World Wide Web
possible de retrouver le demandeur, ce n'est pas sûr à 100%. Certains pourraient
craindre que cette faculté d'anonymat et de pseudonymes se développe et se
répande, annihilant ainsi les possibilités de traçabilité des oeuvres. Raison de
plus pour limiter ces facultés de traçabilité aux "oeuvres" qui en ont un réel
besoin économique, et d'empêcher que les autres ne soient captées par cette
logique. On peut s'en passer. D'ailleurs, le "peer to peer" (P2P), encore lui,
sera très bientôt trop compliqué à contrôler et il s'échangera très bientôt
toute oeuvre à la portée du premier utilisateur venu. Un des fondateurs de
Gnutella, Gen Kan, 24 ans, l'a déclaré récemment en mettant en route sa nouvelle
start-up de mécanique logicielle en vue du "peer to peer", Gonesilent.com, qui
sortirait du domaine musical. Pour lui, il faut s'attendre à voir circuler les
oeuvres, les citoyens le demandent. C'est aux détenteurs de droits de s'adapter
aux techniques de plus en plus pointues. Quant à savoir si ce contact direct
entre explorateurs d'hypertexte représente une plaie, un "forward" ou un
"save"...
= Qu'allez-vous lire sur votre e-book?
Bien, admettons donc que l'idéal se soit réalisé: via un forfait basique, j'ai
accès aux oeuvres de référence que je veux, j'ai parcouru ce dont j'avais
besoin, j'ai commandé les trois ou quatre bouquins dont au sujet duquel tout le
monde cause, ça balance pas mal à Paris, merci. Je les ai payés, puis les ai lus
dans toutes les positions du kamasutra, certains, missionnaires (!), d'autres,
dans le métro, dans l'ascenseur, sur le bureau. Dans un lit, même! Et quid? Je
m'ennuie à nouveau. L'application classique de l'e-book m'a permis d'acheter le
dernier Brett Easton Ellis, le dernier Beigbedder, le dernier Houellebecq
(quoiqu'il soit meilleur à réciter ses poèmes sur fond trip hop en MP3 en ce
moment, chez Tricatel.com), de trouver enfin le bouquin de William Gibson
(Neuromancien, 1986, ndlr) avec la fameuse formule impérissable sur le
cyberspace, j'y ai ajouté le 3001 de Clarke et quelques bons vieux Norman
Spinrad et Philip K. Dick pour faire bonne mesure... Et ce, sans les éternels
atermoiements: le "libraire de grande surface", débordé, qui doit le commander à
l'éditeur, qui en réfère plus haut avant d'envoyer le communiqué laconique:
produit épuisé... Ou le libraire.com qui envoie une réduction pour la prochaine
commande parce qu'il n'est pas sûr d'honorer celle-ci dans les dix jours, aveu
implicite qu'il ne comprend même pas de quoi on lui parle... Malheureusement ces
quelques caricatures représentent la majorité des cas, rien ne remplacera le
conseil d'un libraire érudit, mais il en reste si peu... En reste-t-il? (Don't
they, pour les non-polyglottes). S'il en restait, ils m'orienteraient vers la
recherche des grands classiques, il paraît qu'ils sont libres de droit, si on en
croit ma killer application (plutôt publique). Mais tout ça va-t-il faire
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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