Soyez béni, mon Dieu, vous qui daignez me rendre
L'innocence et son noble orgueil;
Vous qui, pour protéger le repos de ma cendre,
Veillerez prés de mon cercueil!
Au banquet de la vie, infortuné convive,
J'apparus un jour, et je meurs!
Je meurs, et sur ma tombe, où lentement j'arrive,
Nul ne viendra verser des pleurs.
Salut, champs que j'aimais, et vous, douce verdure,
Et vous, riant exil des bois!
Ciel, pavillon de l'homme, admirable nature,
Salut pour la dernière fois!
Ah! puissent voir longtemps votre beauté sacrée
Tant d'amis sourds à mes adieux!
Qu'ils meurent pleins de jours, que leur mort soit pleurée.
Qu'un ami leur ferme les yeux!
ROUGET DE L'ISLE
LA MARSEILLAISE
Allons, enfants de la patrie,
Le jour de gloire est arrivé;
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé.
Entendez-vous dans ces campagnes
Mugir ces féroces soldats?
Ils viennent jusque dans nos bras
Égorger nos fils, nos compagnes!
La Marseillaise
Aux armes, citoyens! formez vos bataillons!
Marchons, marchons!
Qu'un sang impur abreuve nos sillons!
Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés?
Français, pour nous, ah! quel outrage!
Quels transports il doit exciter!
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage!
Aux armes, citoyens! etc.
Quoi! ces cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers!
Quoi! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers!
Grand Dieu! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient!
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées!
Aux armes, citoyens! etc.
Tremblez, tyrans, et vous, perfides,
L'opprobre de tous les partis;
Tremblez! vos projets parricides,
Vont enfin recevoir leur prix!
Tout est soldat pour vous combattre;
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La France en produit de nouveaux
Contre vous tout prêts à se battre!
Aux armes, citoyens! etc,
Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups;
Épargnez ces tristes victimes
A regret s'armant contre nous;
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais les complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui sans pitié
Déchirent le sein de leurs mères!
Aux armes, citoyens, etc.
Amour sacré de la patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs,
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs!
Sous nos drapeaux que la Victoire
Accoure à tes mâles accents;
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire
Aux armes, citoyens! etc.
Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus;
Nous y trouveront leur poussière
Et la trace de leurs vertus!
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre!
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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