Melincourt : $b or, Sir Oran Haut-TonPeacock, Thomas Love
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Melincourt : $b or, Sir Oran Haut-Ton
Peacock, Thomas Love
English fiction -- 19th century; Orangutans -- Fiction; Satire
‘Il n’a point de queue: ses bras, ses mains, ses doigts, ses ongles,
sont pareils aux nôtres: il marche toujours debout: il a des traits
approchans de ceux de l’homme, des oreilles de la même forme, des
cheveux sur la tête, de la barbe au menton, et du poil ni plus ni
moins que l’homme en a dans l’état de nature. Aussi les habitans de
son pays, les Indiens policés, n’ont pas hésité de l’associer à
l’espèce humaine, par le nom d’oran outang, _homme sauvage_. Si l’on
ne faisoit attention qu’à la figure, on pourroit regarder l’oran
outang comme le premier des singes ou le dernier des hommes, parce
qu’à l’exception de l’âme, il ne lui manque rien de tout ce que nous
avons, et parce qu’il diffère moins de l’homme pour le corps qu’il ne
diffère des autres animaux auxquels on a donné le même nom de
singe.—S’il y avoit un degré par lequel on pût descendre de la nature
humaine à celle des animaux, si l’essence de cette nature consistoit
en entier dans la forme du corps et dépendoit de son organisation,
l’oran outang se trouveroit plus près de l’homme que d’aucun animal:
assis au second rang des êtres, s’il ne pouvoit commander en premier,
il feroit au moins sentir aux autres sa supériorité, et s’efforceroit
à ne pas obéir: si l’imitation qui semble copier de si près la pensée
en étoit le vrai signe ou l’un des résultats, il se trouveroit encore
à une plus grande distance des animaux et plus voisin de
l’homme.’—BUFFON.
‘On est tout étonné, d’après tous ces aveux, que M. de Buffon ne fasse
de l’oran outang qu’une espèce de magot, essentiellement circonscrit
dans les bornes de l’animalité: il falloit, ou infirmer les rélations
des voyageurs, ou s’en tenir à leurs résultats.—Quand on lit dans ce
naturaliste l’histoire du Nègre blanc, on voit que ce bipède diffère
de nous bien plus que l’oran outang, soit par l’organisation, soit par
l’intelligence, et cependant on ne balance pas à le mettre dans la
classe des hommes.’—_Philosophie de la Nature._
Footnote 20:
‘Les jugemens précipités, et qui ne sont point le fruit d’une raison
éclairée, sont sujets à donner dans l’excès. Nos voyageurs font sans
façon des bêtes, sous les noms de pongos, de mandrills, d’oran
outangs, de ces mêmes êtres, dont, sous le nom de satyres, de faunes,
de sylvains, les anciens faisoient des divinités. Peut-être, après des
recherches plus exactes, trouvera-t-on que ce sont des
hommes.’—ROUSSEAU, _Discours sur l’Inégalité_, note 8.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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