My Memoirs, Vol. III, 1826 to 1830Dumas, Alexandre
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My Memoirs, Vol. III, 1826 to 1830
Dumas, Alexandre
Dumas, Alexandre, 1802-1870
C'est une plus noble espérance
Qui soutient ses travaux divers.
Sa parole, au nom de la France,
Court interroger l'univers.
Il faut que l'univers réponde!
Dans son immensité féconde,
Peut-être cherche-t-il encor
Quelque désert âpre et sauvage,
Quelque délicieux rivage,
Que garde un autre Adamastor.
Il le trouvera! Mais silence!
Du canon le bruit a roulé;
Au haut du mât, qui se balance,
Un pavillon s'est déroulé.
Comme un coursier dans la carrière
Traîne un nuage de poussière
Que double sa rapidité,
Le vaisseau s'élance avec grâce,
A sa suite laissant pour trace
Un large sillon argenté.
Bientôt ses mâtures puissantes
Ne sont plus qu'un léger roseau;
Ses voiles flottent, blanchissantes,
Comme les ailes d'un oiseau.
Puis, sur la mouvante surface,
C'est un nuage qui s'efface,
Un point que devinent les yeux,
Qui s'éloigne, s'éloigne encore,
Ainsi qu'une ombre s'évapore ...
Et la mer se confond aux cieux.
Alors, lentement dans la foule,
Meurt le dernier cri du départ;
Silencieuse, elle s'écoule
En s'interrogeant du regard.
Puis l'ombre, à son tour descendue,
Occupe seule l'étendue.
Rien sur la mer, rien sur le port;
Au bruit monotone de l'onde,
Pas un bruit humain qui réponde:
L'univers fatigué s'endort!
Les ans passent, et leur silence
N'est interrompu quelquefois
Que par un long cri qui s'élance,
Proféré par cent mille voix.
On a, sur un lointain rivage,
Trouvé les débris d'un naufrage ...
Vaisseaux, volez sur cet écueil!
Les vaisseaux ont revu la France
Mais les signes de l'espérance
Sont changés en signes de deuil!
Hélas!... combien de fois, trompée,
La France reprit son espoir!
Tantôt, c'est un tronçon d'épée
Qu'aux mains d'un sauvage on crut voir;
Tantôt, c'est un vieil insulaire
Séduit par l'appât du salaire,
Qui se souvient, avec effort,
Que d'étrangers d'une autre race
Jadis il aperçut la trace
Dans une île ... là-bas ... au nord.
Que fais-tu loin de ta patrie,
Qui t'aimait entre ses enfants,
Lorsque, pour ta tête chérie,
Elle a des lauriers triomphants?
Pour toi, la mer s'est-elle ouverte?
Dors-tu sur un lit d'algues vertes?
Ou, par un destin plus fatal,
Sens-tu tes pesantes journées
Rouler sur ton front des années
Qu'ignore le pays natal?
Et, pourtant, te dictant ta route,
Un roi t'a tracé ton chemin;
Mais du ciel le pouvoir, sans doute,
A heurté le pouvoir humain.
Et, tandis qu'à leur ignorance
Du retour sourit l'espérance,
Dieu, sur les tables de la loi,
A deux différentes tempêtes
A déjà voué les deux têtes
Du navigateur et du roi!..."
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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