Parodies of the works of English & American authors, vol. V
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Parodies of the works of English & American authors, vol. V
Parodies
Tous ces titres pompeux, ce pouvoir imposant,
Les dons de la beauté, les ris de la fortune,
Ne peuvent exempter du terrible moment;
Le chemin des honneurs mène à la fin commune.
Et vous, ambitieux, ne les accusez point
Si leurs simples tombeaux nul ornement ombrage,
Dans les murs révérés de cet asyle saint,
Où des chants vers les cieux s’élèvent en hommage.
Des faits sur l’urne inscrits, des bustes animés,
Peuvent ils rappeller le souffle irrévocable?
L’honneur peut-il toucher des corps inanimés,
Ou l’encens appaiser la mort inexorable?
Peut-être un cœur rempli jadis d’un feu divin,
Se trouve renfermé dans ce lieu de tristesse,
Un bras propre à régler d’un peuple le destin,
Ou sonner à ravir la lyre enchantéresse.
Mais loin d’eux la science éloigna son trésor,
Des dépouilles du tems amplement enrichie;
L’affreuse pauvreté retint leur noble essor,
En sa source glaça le courant du génie.
Maint et maint beau rubis aux rayons lumineux,
Dans les gouffres profonds du vaste océan brille;
Mainte fleur crôit, fleurit, passe et échappe aux yeux,
Exhalant dans les airs un parfum inutile.
Un Condé de hameau dont le cœur courageux
Brava souvent des loups la sauvage furie,
Un Racine ignoré peut-être est dans ces lieux,
Un Mayenne, innocent du sang de sa patrie.
Par la mâle éloquence étonner un sénat,
Répandre dans l’état la riante abondance,
Affronter les périls, la mort dans le combat,
Être d’un peuple entier la joie et l’ésperance,
Jamais ne fut leur lot; car le sort obstiné
Dans le germe étouffa leurs vertus et leurs crimes,
Défendit, de souiller un trône ensanglanté
Pour régner sans pitié sur de tristes victimes.
Non, ils n’eurent jamais, à réprimer l’ardeur
Des remords dévorans, d’une flamme honteuse,
A prodiguer au vice, au luxe, à la grandeur
L’encens prostitué d’une Muse flatteuse.
Loin du fracas bruyant, des soins tumultueux,
Compagnons assidus des habitans des villes,
Retirés, sans désirs, satisfaits et heureux,
Ils coulèrent sans bruit des jours longs et utiles.
Des insultes pourtant leurs os sont préservés!
On élève près d’eux une pierre rustique,
Où des vers sans mesure, ignoramment gravés,
Arrachent au passant un soupir sympathique.
Leurs noms, leur age inscrits, sans nul ordre arrangés,
Leur tiennent lieu d’honneurs, leur servent d’élégie;
Et des écrits divins, les textes révérés,
Peignent la vanité des grandeurs de la vie.
Car quel est le mortel assez insouciant,
Pour quitter d’un beau jour l’agréable lumière,
Résigner les douceurs d’ici bas au néant
Sans jetter tristement un regard en arrière.
A notre dernière heure il est doux de penser
Que des amis sur nous des larmes vont répandre;
Oui, du fond du tombeau notre esprit sait parler,
Le feu qui brule en nous vit encore dans nos cendres.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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