Poems & Poèmes; autres alliancesBarney, Natalie Clifford
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Poems & Poèmes; autres alliances
Barney, Natalie Clifford
Poetry
Le trente Juin, vers les dix heures,
Daignez étonner vos miroirs
De travestis et de loups noirs,
Et venir, laissant vos demeures,
Jusqu'à mon petit pavillon.
Nous y dessinerons des danses
De jadis, et maintes cadenses
Préférables au cotillon.
La vie ayant sa parodie,
On donnera la comédie,
Ou bien des airs au clavecin
Egrèneront leur mélodie.
Mais tant me plaît que sans dessein
Chaque heure amène sa plaisance,
Que ce programme est incertain:
Je veux surtout votre présence
Du soir jusqu'au nouveau matin.
Dans vos déguisements fantasques
Vous me serez les bienvenus,
Par vos sourires reconnus
Sous l'uniformité des masques.
FÊTES
Les lanternes parmi les arbres ont des joues
Peintes: telles mousmés lumineuses qu'on loue!
La chasse aux vers luisants prendra pour son taïaut
Les sons de quelque flûte invisible qui joue:
Arabesques d'une âme ancestrale et mantchoue
Qui s'enfle du désir d'arriver sans défaut
A cette lune prise au pommier le plus haut?
Un tourbillon de neige,
Comme les lucioles
Ont blanchi!
.......................
En ajoutant vos regards
Aux regards de mes hôtes,
Je croirai au retour des lucioles.
Voici du maître Avril la frêle orfèvrerie:
Hyacinthes, muguets, cloisons pleines de miel;
La branche du pommier, fragilement fleurie,
Semble être l'éphémère ouvrage d'Ariel.
Je mets tout ce printemps sur ton grand lit: qu'il vienne
Se rouler à tes pieds afin qu'il t'en souvienne.
DIFFÉRENCES
Vous vivez du temps qu'il fait,
De projets et de voyages;
De tel ennui, de tel fait,
Dun besoin d'air, de visages
Nouveaux, de rien et de tout.
Je ne vis que de vous...
De vous ... et sans voir les pages
Des livres, de tout distrait,
Ma barque est un lit défait,
Vos traits sont mes paysages,
L'air qu'il me faut sont vos doux
Parfums: je vis de vous!
JEUX SUPRÊMES
Ce toit porte ta nudité,
Ta forme: couleur ou bien vivre.
Je bois le loin de ma bouche ivre
De ta divine crudité.
En pleine chair, en plein ciel suis-je,
(Trébuchant vers quatre horizons
Pour retomber en un frisson)
Seule pour ce double vertige?
Quitter, en tremblant des genoux,
Ce baldaquin où la nuit sème
Peu d'astres, descendre de même
Vers Paris--éteint comme vous!
VERS PRIS AUX POÈMES QUE JE N'ÉCRIRAI PAS
Sentiments exprimés: libretti d'opéra.
La saveur à venir des choses retrouvées...
Ces lointaines vallées
Qui fument de l'azur...
Je fus heureux
Avec ses seuls yeux
--Et cet amour miraculeux
Entre nous deux.
Heureuses, bienheureuses,
Les villes vaniteuses
Se mirent dans ses eaux...
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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