Poems & Poèmes; autres alliancesBarney, Natalie Clifford
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Poems & Poèmes; autres alliances
Barney, Natalie Clifford
Poetry
Un homme, au chapeau dur, de la ville coupable,
A travers la forêt a l'air d'un corbillard.
L'humidité du sol clapote à mes semelles,
Mars accourt, secouant ses écharpes de vent.
De toute leur adolescence
Ils se ruent contre la nuit.
Le mois de mai, comme un poète anglais
Le soleil est venu me chercher dans mon lit
S'en aller n'importe où,
Le bras autour d'un cou.
Vers ces autres couleurs que contiennent nos ombres.
Piano: harpe couchée en ton cercueil sonore.
Harpe, eau mise en musique, cordes ... pluie...
Quelque mort pourrissant au fond des marécages
Et le crépuscule laisse tomber la lune....
La lune, lanterne sourde aux mains de la nuit...
Luisante aumône,
Pièce d'argent que nous jette la nuit...
La lune haut cernée de tout son devenir...
Son profil blanc et froid: un fragment de la lune
Et ses mains dans la nuit, fargilités lunaires.
Les grands bouleaux aux yeux de Pharaonne,
Noirs dans leur blanche peau.
De ma verdure citadine.
La branche verte se dandine
A ma fenêtre--Un vers anglais
Ignore le mal qu'il me fait.
M'évanouir dans du brouillard
La face d'un noyé flotte au ras des hublots.
LE PREMIER DÉPART
Ah! le silence, le multiple silence,
Vivant dans les départs,
Et le pressentiment traversant comme un phare
L'ombre et la distance.
Qu'elle semble loin, qu elle semble tard
L'absence.
Dans un tourbillon d'heures--un jour, pas davantage--
Que de naufrages,
Que de débris épars,
Restés de ces naufrages!
Et cet embrun aux yeux,
Et ces morts sur la plage,
Et ces trésors sombrés au fond de la douleur
La houle de vagues au cœur!
AUCUNE CLEF N'A LE DESTIN
Les bourgeois rentrent un par un
Ou deux par deux: dans l'habitude
De partager leurs solitudes
--Des clefs ils ont la certitude!
Aucune clef n'a le destin!
je loge enfin près de ta rue;
--Mais toi tu semble disparue.
Ah! si tu m'étais accourue!
Je veille, et c'est déjà demain!
La route blanche sous la neige
Tourne vers ton absence; fais-je
Bien de rester seule, que sais-je?
M'emmurer d'un «secret jardin»,
Mourir des fleurs de lune mortes?
La poigne de mes mains est forte.
Garde aux spectres: j'ouvre la porte--
Reprendre, vivante, tes mains!
... Le passé n'est un pur festin
De flûtes et luths délectables,
Que si l'amour inaltérable
Se plait encor à notre table!
ÉQUINOXE
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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