Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
A. Le Breton, _La “Comédie Humaine” de Saint-Simon_, 1914.
C. W. Collins, _Saint-Simon_, Edinburgh, 1880.
E. Cannan, _The Duke of Saint-Simon_, Oxford, 1886 (Lothian Prize
Essay).
I
LOUIS XIV[14]
[14] Ed. Chéruel, XII. cc. I and IV; ed. Boislisle, XXVIII. 1-53,
126-175. This digression on the character and reign of Louis
XIV was written in September, 1745, but it reproduces almost
textually the long note which Saint-Simon added to the Memoirs
of Dangeau ten years earlier. It should be compared with his
_Parallèle des trois premiers rois Bourbon_ (Écrits inédits, I.)
and with the _Relation de la Cour de France en 1690_ of Ezekiel
Spanheim (ed. E. Bourgeois, 1900), the envoy of the Great Elector
of Brandenburg.
Ce fut un prince à qui on ne peut refuser beaucoup de bon, même de
grand, en qui on ne peut méconnoître plus de petit et de mauvais,
duquel il n’est pas possible de discerner ce qui étoit de lui ou
emprunté, et dans l’un et dans l’autre rien de plus rare que des
écrivains qui en aient été bien informés, rien de plus difficile
à rencontrer que des gens qui l’aient connu par eux-mêmes et par
expérience et capables d’en écrire, en même temps assez maîtres
d’eux-mêmes pour en parler sans haine ou sans flatterie, de n’en rien
dire que dicté par la vérité nue en bien et en mal. Pour la première
partie on peut ici compter sur elle; pour l’autre on tâchera d’y
atteindre en suspendant de bonne foi toute passion.
Il ne faut point parler ici de ses premières années. Roi presque en
naissant, étouffé par la politique d’une mère qui vouloit gouverner,
plus encore par le vif intérêt d’un pernicieux ministre, qui hasarda
mille fois l’État pour son unique grandeur, et asservi sous ce joug
tant que vécut ce premier ministre, c’est autant de retranché sur le
règne de ce monarque. Toutefois il pointoit sous ce joug. Il sentit
l’amour, il comprenoit l’oisiveté comme l’ennemie de la gloire; il
avoit essayé de foibles parties de main vers l’un et vers l’autre; il
eut assez de sentiment pour se croire délivré à la mort de Mazarin,
s’il n’eut pas assez de force pour se délivrer plus tôt. C’est même
un des beaux endroits de sa vie, et dont le fruit a été du moins de
prendre cette maxime, que rien n’a pu ébranler depuis, d’abhorrer tout
premier ministre, et non moins tout ecclésiastique dans son conseil.
Il en prit dès lors une autre, mais qu’il ne put soutenir avec la même
fermeté, parce qu’il ne s’aperçut presque pas dans l’effet qu’elle lui
échappa sans cesse: ce fut de gouverner par lui-même, qui fut la chose
dont il se piqua le plus, dont on le loua et le flatta davantage, et
qu’il exécuta le moins.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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