Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
[18] This episode, in which the Spanish ambassador was clearly
in the wrong, took place in 1661. The last act of the Maréchal
d’Estrades’s long and successful diplomatic career was the Treaty
of Nymegen (1678). He died in 1685, leaving memoirs (9 vols.
1743) which Saint-Simon qualifies as “excellent.”
[19] On this occasion (August, 1662) the provocation came from
the French side, but Louis XIV loudly demanded reparation for the
insults offered to his ambassador by the Pope’s Corsican guards.
By the treaty of Pisa (February, 1664) he obtained it in a form
which was thoroughly humiliating to Alexander VII.
Bientôt après, la mort du roi d’Espagne fit saisir à ce jeune prince
avide de gloire une occasion de guerre, dont les renonciations si
récentes, et si soigneusement stipulées dans le contrat de mariage de
la Reine, ne purent le détourner. Il marcha en Flandres; ses conquêtes
y furent rapides; le passage du Rhin fut signalé; la triple alliance
de l’Angleterre, la Suède et la Hollande ne fit que l’animer. Il alla
prendre en plein hiver toute la Franche-Comté, qui lui servit, à la
paix d’Aix-la-Chapelle, à conserver des conquêtes de Flandres en
rendant la Franche-Comté[20].
[20] The War of Devolution began in May, 1667, and the peace
of Aix-la-Chapelle was signed in the May following. The famous
passage of the Rhine did not take place till 1672.
Tout étoit florissant dans l’État, tout y étoit riche. Colbert avoit
mis les finances, la marine, le commerce, les manufactures, les lettres
même, au plus haut point; et ce siècle, semblable à celui d’Auguste,
produisoit à l’envi des hommes illustres en tout genre, jusqu’à ceux
mêmes qui ne sont bons que pour les plaisirs.
Le Tellier et Louvois son fils, qui avoient le département de la
guerre, frémissoient des succès et du crédit de Colbert, et n’eurent
pas de peine à mettre en tête au Roi une guerre nouvelle, dont les
succès causèrent une telle frayeur à l’Europe que la France ne l’en a
pu remettre, et que, après y avoir pensé succomber longtemps depuis,
elle en sentira longtemps le poids et les malheurs. Telle fut la
véritable cause de cette fameuse guerre de Hollande à laquelle le
Roi se laissa pousser, et que son amour pour Mme de Montespan rendit
si funeste à son État et à sa gloire. Tout conquis, tout pris, et
Amsterdam prête à lui envoyer ses clefs, le Roi cède à son impatience,
quitte l’armée, vole à Versailles, et détruit en un instant tout le
succès de ses armes. Il répara cette flétrissure par une seconde
conquête de la Franche-Comté, en personne, qui pour cette fois est
demeurée à la France.
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