Humorous stories, American; United States -- Social life and customs -- Fiction
“Ce Smiley avait une jument que les gars appelaient le bidet du quart
d'heure, mais seulement pour plaisanter, vous comprenez, parce que, bien
entendu, elle était plus vite que ca! Et il avait coutume de gagner de
l'argent avec cette bête, quoi-qu'elle fût poussive, cornarde, toujours
prise d'asthme, de coliques ou de consomption, ou de quelque chose
d'approchant. On lui donnait 2 ou 300 'yards' au départ, puis on la
dépassait sans peine; mais jamais à la fin elle ne manquait de
s'échauffer, de s'exaspérer et elle arrivait, s'écartant, se défendant,
ses jambes grêles en l'air devant les obstacles, quelquefois les évitant
et faisant avec cela plus de poussière qu'aucun cheval, plus de bruit
surtout avec ses éternumens et reniflemens.---crac! elle arrivait donc
toujours première d'une tête, aussi juste qu'on peut le mesurer. Et il
avait un petit bouledogue qui, à le voir, ne valait pas un sou; on aurait
cru que parier contre lui c'était voler, tant il était ordinaire; mais
aussitôt les enjeux faits, il devenait un autre chien. Sa mâchoire
inférieure commencait à ressortir comme un gaillard d'avant, ses dents se
découvcraient brillantes commes des fournaises, et un chien pouvait le
taquiner, l'exciter, le mordre, le jeter deux ou trois fois par-dessus
son épaule, André Jackson, c'était le nom du chien, André Jackson prenait
cela tranquillement, comme s'il ne se fût jamais attendu à autre chose,
et quand les paris étaient doublés et redoublés contre lui, il vous
saisissait l'autre chien juste à l'articulation de la jambe de derrière,
et il ne la lâchait plus, non pas qu'il la mâchât, vous concevez, mais il
s'y serait tenu pendu jusqu'à ce qu'on jetât l'éponge en l'air, fallût-il
attendre un an. Smiley gagnait toujours avec cette bête-là;
malheureusement ils ont fini par dresser un chien qui n'avait pas de
pattes de derrière, parce qu'on les avait sciées, et quand les choses
furent au point qu'il voulait, et qu'il en vint à se jeter sur son
morceau favori, le pauvre chien comprit en un instant qu'on s'était moqué
de lui, et que l'autre le tenait. Vous n'avez jamais vu personne avoir
l'air plus penaud et plus découragé; il ne fit aucun effort pour gagner
le combat et fut rudement secoué, de sorte que, regardant Smiley comme
pour lui dire:--Mon coeur est brisé, c'est ta faute; pourquoi m'avoir
livré à un chien qui n'a pas de pattes de derrière, puisque c'est par là
que je les bats?--il s'en alla en clopinant, et se coucha pour mourir.
Ah! c'était un bon chien, cet André Jackson, et il se serait fait un nom,
s'il avait vécu, car il y avait de l'etoffe en lui, il avait du génie,
je la sais, bien que de grandes occasions lui aient manqué; mais il est
impossible de supposer qu'un chien capable de se battre comme lui,
certaines circonstances étant données, ait manqué de talent. Je me sens
triste toutes les fois que je pense à son dernier combat et au dénoûment
qu'il a eu. Eh bien! ce Smiley nourrissait des terriers à rats, et des
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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