Supplemental Nights to the Book of the Thousand and One Nights — Volume 4 (of 6)
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Supplemental Nights to the Book of the Thousand and One Nights — Volume 4 (of 6)
Fairy tales; Tales -- Arab countries
Ils lui dirent: Notre père est mort, et nous ne pouvons pas nous accorder sur la partage de ses biens; nous sommes venus afin que tu prononces entre nous quatre; nous sommes tombés d'accord de nous soumettre à ton jugement. Alors le propriétaire du chameau dit: Arrange d'abord l'affaire de mon chameau entre eux et moi; j'ai perdu un chameau, ce sont eux qui le tiennent. Af'a lui dit: Comment sais-tu qu'ils l'ont? L'homme répondit: Parce qu'ils m'ont donné son signalement: s'ils ne l'avaient pas vu, comment le sauraient-ils? Modhar dit: J'ai reconnu que ce chameau était borgne de l'œil droit, parce qu'il avait brouté l'herbe d'un côté seulement, et qu'il ne l'avait pas touché du côté où elle était meilleure. Rabî'a dit: J'ai remarqué que son pied droit avait imprimé sur le sol des traces bien marquées et je n'ai vu celles de l'autre pied; de là j'ai su qu'il penchait du côté droit. Iyâd dit: J'ai vu que ses crottins étaient réunis en tas, comme ceux du bœuf, et non comme sont ordinairement ceux du chameau, qui les écrase (éparpille?) avec sa queue; j'ai reconnu par là qu'il n'avait pas de queue. Anmâr dit: J'ai remarqué que l'herbe n'était pas broutée à un seul et même endroit, mais qu'il avait pris partout une bouchée: j'ai su que le chameau était d'un caract{è}re farouche et inquiet. Le devin admirait le savoir et l'intelligence des quatre frères. Cette manière de juger fait partie de l'art de la divination, et on l'appelle bâb al-tazkîn; c'est une des branches de la science. Ensuite le devin dit au propriétaire de chameau: Ces gens-là n'ont pas ton chameau; va-t'en. Ayant demandé aux quatre frères qui ils étaient, et ceux-ci lui ayant déclaré qu'ils étaient les fils de Nizâr, fils de Ma'add, fils d'Adnân, le devin dit: excusez-moi de ne vous avoir pas reconnus; j'ai été lié d'amitié avec votre père: soyez mes hôtes ce jour et cette nuit, demain j'arrangerai votre affaire. Ils consentirent. Le père et les ancêtres de ce devin avaient été chefs de Nadjrân.
Le devin leur fit préparer un repas. On leur servit un agneau rôti et une cruche de vin, et ils mangèrent. Lorsque le vin leur monta à la tête, Modhar dit: Je n'ai jamais bu un vin plus doux que celui-ci; mais il vient d'une vigne plantée sur un tombeau. Rabî'a dit: Je n'ai jamais mangé de la viande d'agneau plus succulente que celle-ci; mais cette agneau a été nourri du lait d'une chienne. Anmâr dit: {L}e blé qui a servi à faire le pain que nous venons de manger a été semé dans un cimetière. Iyâd dit: Notre hôte est un excellent homme; mais il n'est pas un fils légitime; ce n'est pas son père (légal) qui l'a engendré, mais un autre homme; sa mère l'a conçut dans l'adultère.
Le devin recueillit leurs paroles, mais il ne leur en dit rien. Quand la nuit fut venue et qu'ils furent endormis, il appela son intendant et lui demanda de quelle vigne provenait le vin (que l'on avait servi aux hôtes).
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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