The Countess CathleenYeats, W. B. (William Butler)
General
The Countess Cathleen
Yeats, W. B. (William Butler)
Famines -- Ireland -- Drama; Nobility -- Ireland -- Drama
--Combien de ch`ateaux, de bois et de terres?
--Pour le double de ces sommes.
--Eh bien! Patrick, vendez tout cc qui n'est pas or et
apportez-m'en le montant. je ne veux garder `a moi que ce castel
et le champs qui l'entoure.
Deux jours apr`es, les ordres de la pieuse Ketty `etaient
ex`ecues et le tr`esor `etait distribu`e aux pauvres au fur et `a
mesure de leurs besoins.
Ceci ne faisait pas le compte, dit la tradition, des
commisvoyageurs du malin esprit, qui ne trouvaient plus d'`ames
`a acheter.
Aides par un valet infame, ils p`en`etr`erent dans la retraite de
la noble dame et lui d`erob`erent le reste de son tr`esor... en
vain lutta-t-elle de toutes ses forces pour sauver le contenu de
son coffre, les larrons diaboliques furent les plus forts. Si
Ketty avait eu les moyens de faire un signe de croix, ajoute la
l`egende Irlandaise, elle les eut mis en fuite, mais ses mains
`etaient captives-Le larcin fut effectu`e.
Alors les pauvres sollicit`erent
en vain pr`es de Ketty d`epouill`ee, elle ne pouvait plus
secourir leur mis`ere;-elle les abandonnait `a la tentation.
Pourtant il n'y avait plus que huit jours `a passer pour que les
grains et les fourrages arrivassent en abondance des pays
d'Orient. Mais, huit jours, c'`etait un si`ecle: huit jours
n`ecessitaient une somme immense pour subvenir aux exigences de
la disette, et les pauvres allaient ou expirer dans les angoisses
de la faim, ou, reniant les saintes maximes de l'Evangile,
vendre `a vil prix leur `ame, le plus beau pr`esent de la
munificence du Seigneur toutpuissant.
Et Ketty n'avait plus une obole, car elle avait abandonn`e son
ch`ateaux aux malheureux.
Elle passa douze heures dans les larmes et le deuil, arrachant
ses cheveux couleur de soleil et meurtrissant son sein couleur du
lis: puis elle se leva r`esolue, anim`ee par un vif sentiment de
d`esespoir.
Elle se rendit chez les marchands d'`ames.
--Que voulez-vous? dirent ils.
--Vous achetez des `ames?
--Oui, un peu malgr`e vous, n'est ce pas, sainte aux yeux de
sapbir?
--Aujourd'hui je viens vous proposer un march`e, reprit elle.
--Lequel?
--J'ai une `ame `a vendre; mais elle est ch`ere.
--Qu'importe si elle est pr`ecieuse? L'`ame, comme le diamant,
s'appr`ecie `a sa blancheur.
--C'est la mienne, dit Ketty.
Les deux envoy`es de Satan tressaillirent, Leurs griffes
s'allong`erent sous leurs gants de cuir; leurs yeux gris
`etincel`erent:--l'`ame, pure, immacul`ee, virginale de Ketty
c'`etait une acquisition inappr`eciable.
--Gentille dame, combien voulez-vouz?
--Cent cinquante mille `ecus d'or.
--C'est fait, dirent les marchands: et ils tendirent `a Ketty un
parchemin cachet`e de noir, qu'elle signa en frissonnant.
La somme lui fut compt`ee.
Des qu'elle fut rentr`ee, elle dit au majordome:
--Tenez, distribuez ceci. Avec la somme que je vous donne les
pauvres attendront la huitaine n`ecessaire et pas une de leurs
`ames ne sera livr`ee au d`emon.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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