The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Les deux susdicts marchants, aussitost qu'ils ouïrent que deux Iesuites
debvoient aller au Canada, s'adresserent à Monsieur de Biancourt[III.]
et luy denoncerent que si lesdicts Iesuites entroient au navire, ils
n'y vouloient rien avoir. On leur respondit que la venuë des Iesuites
ne leur nuyroit en rien; que, Dieu mercy et la Reyne, ils avoient
moyen de payer leur pension sans grever aucunement leur fret. Ils
persistent toute fois en leur negative; et quoyque Monsieur de Sicoine,
gouverneur de la ville, fort zelé catholique, s'en entremeslast de
bonne affection, si ne pût-il rien obtenir d'eux. A cette cause,
Monsieur Robbin,[IV.] le fils, autrement de Coloigne, associé avec
Monsieur de Biancourt pour le voyage, se delibera d'aller en Cour et
déclarer à la Reyne cet accrochement; ce qu'il fit. La Reyne sur cela
donna lettres addressantes à Monsieur de Sicoigne, à ce qu'il eust à
declarer la volonté du Roy à present regnant, être telle, et avoir
pareillement [12] esté telle celle du feu Roy d'eternelle memoire,
que lesdicts Iesuites allent en Canada; et par ainsy entendissent les
contrariants sur ce fait, qu'ils se trouveroient en opposition contre
le bon plaisir de leur Prince. Les lettres estoient fort affectueuses;
et plût à Monsieur de Sicoigne de mander à soy tout le consistoire, et
leur en faire lecture. Si est-ce que pour tout cela, les marchants sus
mentionnés ne voulurent en rien démordre; seulement fut accordé que,
laissant à part la question des Iésuites, on chargeroit promptement
le vaisseau, de peur que cet embarras et dispute n'apportast du
retardement au secours qui promptement debvoit estre donné à Monsieur
de Potrincourt.
Lors je pensois bien quasi toutes nos attentes estre mises au rouët, et
ne sçavois quelle clef nous en pourroit assez desgager. Mais Monsieur
de Coloigne ne desespera point; ains, se montrant de sa grâce toujours
plus ardent à poursuivre pour nous, fit entendre en Cour, par un
second voyage qu'il fit, y avoir bien moyen de debouter les susdits
marchants, sçavoir est, en leur payant leur marchandise, et ainsi
les dédommageant. Madame de la Guercheville, dame de grande vertu,
recognoissant cet expédient, et jugeant n'estre convenable à la piété
de la cour que pour si peu un oeuvre de Dieu fust arresté, et satan en
eust ainsi le [13] dessus, se délibera de faire un queste pour mettre
ensemble la somme de deniers requise, et le fist avec telle diligence
et si heureusement, par la pieuse liberalité de plusieurs des Seigneurs
et Dames de la cour, qu'elle assembla bientost quatre mil livres, et
les envoya à Dieppe. Ainsy lesdits marchants furent exclus de tout le
droict qu'ils eussent pû avoir sur le vaisseau, sans rien perdre, et
nous y fusmes introduits.
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