The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Cet affaire et plusieurs autres qui survinrent dans l'aprest de nostre
voyage, furent cause que ne pusmes partir de Dieppe avant le 26
janvier 1611. Monsieur de Biancourt, jeune seigneur fort accomply et
expert en la maryne, estoit nostre conducteur, et chef du vaisseau.
Nous estions 36 personnes dans un navire appelé _la Grace de Dieu_,
d'environ soixante tonneaux. Nous n'eusmes que deux jours de bon vent;
au troisiesme, nous nous vismes subitement, par un vent et marées
contraires, emportés jusques à cent ou deux cents pas des esquillons
l'isle d'Wytht, en Angleterre; et bien nous en print que nous y
rencontrasmes bon ancrage; sans cela resoluement c'estoit faict de nous.
Eschappés de là, nous relaschasmes à Hyrmice et depuis à Niéport; en
quoy nous consumasmes 18 jours. Le 16 de février, premier jour de
caresme, [14] un bon norouest s'élevant, nous donna moyen de partir,
et nous accompagna jusques hors de la Manche. Ors ont accoustumé les
mariniers, venant à Port-Royal, de ne point prendre la droite route
des isles Ouessants jusqu'au Cap de Sable, ce qui abregeroit beaucoup
le chemin; car en cette façon, de Dieppe à Port-Royal, n'y auroit
qu'environ mil lieues; ains leur coustume est de descendre vers le Sud
jusqu'aux Açores, et de là tirer au grand banc, pour du grand banc,
selon que les vents se présentent, viser au Cap de Sable, ou bien à
Campseaux, ou bien autre part. Ils m'ont dict que pour trois raisons
ils descendent ainsi aux Açores: la première pour esviter la mer du
nort, qui est fort haute, disent-ils; la seconde, pour s'ayder des
vents du sud, qui volontiers reignent le plus; la troisiesme, pour
assurer leur estime: autrement il est difficile qu'ils se recognoissent
et dressent leur voyage sans erreur. Mais nulle de ces causes a eu
effet quant à nous, qui neantmoins avons suivy cette coustume: non la
premiere, parce que nous avons experimenté tant de tempestes et la mer
si rude, que je ne pense pas y avoir beaucoup de gain, nort ou sud,
sud ou nort; non la seconde, parce que souvent, quand nous voulions le
Sud, le Nort souffloit, et à retours; non enfin la troisiesme, d'autant
que nous ne pusmes point voir ces Açores, quoyque nous fussions [15]
descendus jusqu'à 39 degrés et demy. Ainsi toute l'estime de nos
conducteurs s'embrouilla, et nous n'estions pas encore aux Açores du
grand banc, quand quelques-uns opinoient que nous l'eussions desjà
passé.
Le grand banc aux molües n'est pas, comme j'estimois en France, quelque
banc de sablon ou terre qui apparoisse hors de la mer, ains est une
grande lisiere de terre soubs l'eau à 35, 40 et 45 brasses, large en
quelques endroits de 25 lieuës. On l'appelle banc, parce que c'est là
premierement où venant des abismes de l'ocean, l'on trouve terre avec
la sonde. Or, sur le bord de ce grand banc, les vagues sont d'ordinaire
fort furieuses trois ou quatre lieues durant, et ces trois ou quatre
lieues on appelle les Açores.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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