The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 4: Acadia and Quebec, 1616-1629
History
The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 4: Acadia and Quebec, 1616-1629
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
L'ANGLOIS victorieux s'en vint à terre, où estoyent nos tentes, &
alogements commencés, & fit rechercher nostre Capitaine de tous tous
costés, disant, qu'il vouloit voir nos commissiõs; que ceste terre leur
appartenoit, & que pour cela ils s'estoy[~e]t rués sur nous nous y
trouuãts, neantmoins que si nous faisions apparoistre de nostre bonne
foy, & que nous fussions là venus sous l'autorité de [238] nostre
Prince, qu'ils y auroyent esgard, ne voulants en rien contreuenir à la
bonne confederation de nos deux Rois. Le malheur fut qu'on ne trouua
point la Saussaye, à l'occasion de quoy l'Anglois fin, & subtil se
saisit de ses coffres, les crocheta industrieusement, & y ayant trouuée
nos commissiõs, & lettres royaux, les saisit; puis remettant toutes
les besongnes en sa place, chasque chose tout ainsi qu'il l'auoit
trouuée, referma lesdits coffres gentiment. Le lendemain la Saussaye
estant venu, le Capitaine Anglois, qui sçauoit fort bien sa leçon,
l'accueillit humainement, & luy fit les premiers interrogats auec
belles ceremonies: Puis vint au point: luy demandant ses commissions,
à celle fin qu'il n'y eust aucune doute, quand reellement on verroit,
& considereroit les paroles, & autorité [239] du Roy nostre SIRE. La
Saussaye respondit que ses lettres estoyent dans ses coffres. On
luy apporta ses coffres, & auant qu'il les ouurist auec ses clefs,
on l'aduisa qu'il regardast bien si personne y auroit touché; car
quant à eux ils y alloyent fort simplement. La Saussaye recognoissoit
tout estre en fort bon ordre, mais malheur! il n'y retrouuoit pas
ses lettres. Icy le Capitaine Anglois chãgea de mine, & de ton, & se
refroignant comm'il falloit, quoy donc (dit-il) vous nous imposez
icy? Vous donnés à entendre qu'auez commission de vostre Roy, & n'en
pouuez produire aucun tesmoignage? Vous estes des Forbãs & Pirates
trestous; vous merités la mort. Et dés lors, il fit la part du butin
aux soldats: En quoy il consuma toute l'apres-disnée. Nous de la terre
considerions le guaspillement [240] de tous nos biens: car les Anglois
nous laissoyent à terre, eux se tenants en mer, & ayãts ioints par
ensemble nos vaisseaux au leur, car nous en auions deux, sçauoir est
nostre nauire, & vne barque construicte sur le lieu, & equippée de
neuf. Nous estions reduits en piteux estat: mais ce n'estoit pas la
fin. Le iour suiuant on vint à terre, & on nous pilla encores ce qu'y
auions: non pas tout du commencement, ains à passades, & à chasque
fois qu'on desc[~e]doit à terre, tousiours quelque detrousse de nos
manteaux, habits, & autres choses. Vne fois on fit quelques violences,
& atrocitez de traictement sur la personne de deux de nos gents, ce qui
espouuanta tellem[~e]t vne partie des autres, qu'ils s'enfuirent par
les bois comme pauures bestes esgarées, demy nuds, & sans [241] aucuns
viures, ne sçachants ce qu'ils pourroyent deuenir.
CHAPTER XXVIII. [i.e., xxvi.]
THE PLUNDERING OF OUR SHIP, AND OF OUR PEOPLE, AND THE DISTRESSES
WE ENDURED.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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