The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 4: Acadia and Quebec, 1616-1629
History
The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 4: Acadia and Quebec, 1616-1629
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Les Iesuites n'estoyent iusques alors recognus des Anglois, sinon que
pour Prestres. Or le P. Biard & le P. Enemond Massé s'en aller[~e]t au
nauire parler au Capitaine Anglois, & luy expliquer[~e]t ouuertement
comm'ils estoy[~e]t Iesuites, venus en ces quartiers-là pour la
cõuersiõ des Sauuages, puis le supplierent par le sang de celuy,
qu'il recognoissoit pour Sauueur, & [243] par les misericordes qu'il
en attendoit, qu'il luy pleust auoir pitié de ces pauures François,
sur lesquels Dieu luy auoit dõné puissance, & qu'en leur misere il
recognust combien les affaires de ce monde varient: qu'il luy pleust
leur donner & leur moyenner retour en leur pays de France. Le Capitaine
les ouyt fort paisiblement, & leur respondit auec pareil honneur: mais
(dit-il) dissimulant, ie m'estonne fort comme vous autres Iesuites,
lesquels on tient communement pour gens de conscience, & de Religion,
vous vous retrouuiez icy, neantmoins en la compagnie des forbans,
& picoreurs, gens sans adueu & sans loy, ny honneur. Le P. Biard
respondit & preuua auec tant d'arguments, que toute leur troupe estoit
de gens de bien, & recommandés par sa Majesté [244] tres-Chrestienne:
& refuta si peremptoirement toutes objections contraires, que le
Capitaine Anglois fut contrainct de faire semblant, qu'il s'y
accordoit, vaincu par ses raisons. Certes (adiousta-il) il y a bien eu
de la faute, à ce que ie voy, d'ainsi perdre vos lettres. Neantmoins ie
traicteray de vostre retour auec vostre Capitaine, & dés lors iusques
au depart, il fit tousiours manger à sa table lesdits deux Peres,
leur mõstrant beaucoup de respect & hõnesteté. Or il auoit vn'espine
au pied, qui le tourmentoit; c'estoit le Pilote, & les Matelots,
qui estoyent euadés, & desquels il ne pouuoit sçauoir nouuelles. Ce
Pilote appellé le Bailleur, de la ville de Roüen, s'en estant allé
pour recognoistre (ainsi que vous a esté dit) ne peut point retourner
à temps au nauire pour le def[~e]dre, [245] & partant il retira sa
chaloupe à l'escart, & la nuit venuë print encores auec soy les autres
Matelots, & se mit en sauueté hors la veuë, & le pouuoir des Anglois.
De nuict il nous venoit trouuer pour auiser auecques nous ce qui seroit
de faire. Il fit en particulier ce bon office aux Iesuites: car il vint
trouuer le P. Biard, & le prenant par la main le coniura de ne se point
meffier de luy, pource qu'il estoit de la Pretenduë, l'asseurant qu'il
ne manqueroit ny à luy, ny a aucun des Peres: & qu'il supplioit Dieu,
que tout ainsi il ne l'abandonnast point, comm'il le disoit de coeur
syncere. Le P. Biard le remercia de bonne affection, & luy promit de
se souuenir de ceste si bonne volonté: il luy dit neantmoins qu'il ne
vouloit encores penser à soy, iusques à ce qu'il vit tous les autres
en beau [246] chemin. Que lors il deuiendroit ce qu'à Dieu plairoit,
admonnestant ledit Pilote de se garder de tomber és mains des Anglois:
parce que le Capitaine buttoit fort à le pouuoir attraper. Ledit Pilote
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account