The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 6: Quebec, 1633-1634 — John Shaqi
The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 6: Quebec, 1633-1634
History
The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 6: Quebec, 1633-1634
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
point encore ce iour là, & que la ieunesse se tint en paix, & que ceux
qui n'auoyent pas traitté toutes leurs marchandises, la traittassent.
Sur les huict ou neuf heures du matïn, le sieur de Champlain assembla
de rechef les Capitaines des Hurons, le Sauuvage de l'Isle qui auoit
faict ce cri publicq, & le Capitaine des Montagnaits. Il demanda à ce
Sauuage pourquoy il auoit fait cette deffence: il repartit que tout le
païs estoit en alarme, & qu'il s'alloit perdre si on embarquoit des
François pour les conduire aux Hurons, car les parents du prisonnier
ne manqueroiēt d'en tuer quelqu'vn, & que là dessus la guerre seroit
declarée. Que les Hurons mesmes seroient de la partie, car voulans
defendre les François, on s'en prendroit à eux; & qu'ainsi tout le païs
seroit perdu. Qu'il n'auoit [197] point fait de defence, mais donné
aduis de la meschante volonté qu'auoient les parents de l'homicide:
que si on deliuroit le prisonnier que tous ces troubles tomberoient
d'eux mesme, & que la riuiere & tout le païs seroit libre. On demanda
aux Hurons s'ils ne persistoient pas dans la volonté de nous conduire
en leur païs, ils respondirent que la riuiere n'estoit pas à eux, &
qu'on prit garde auec ces autres nations s'ils pourroient passer en
asseurance: que pour eux ils ne demandoient pas mieux que d'embarquer
des François. Ie remarquay la prudence de ces Sauuages, car ils
tesmoignerent tellement l'affectiõ qu'ils nous portoient qu'ils ne
vouloient point choquer les nations par lesquelles ils doiuent passer
venans à Kebec: l'vn d'eux s'addressant à ce Sauuage de l'Isle luy
dit, preste l'oreille maintenant, ne dy [198] point quand nous serons
là hault en ton pays, que nous n'auons point parlé pour le prisonnier,
nous auons fait ce que nous auons peu: mais que veux tu que nous
disions aux raisons du sieur de Champlain? Les François nous sont
amis à tous, s'il ne tenoit qu'à nous nous les embarquerions. Il faut
confesser que les Hurons monstroient grande inclination de mener nos
Peres. Le sieur de Champlain voyant ce changement si subit fit tout
ce qu'il peut, & nous donna liberté de proposer toutes les raisõs que
no⁹ pourriõs pour faire en sorte que nos peres se peussent mettre en
chemin: il apporta des raisons tres-fortes, & tres-pertinentes. Il
se seruit de menaces. Il leur proposa la paix & la guerre, bref on
ne pouuoit rien souhaitter dauãtage. A tout cela ce Sauuage repartit
qu'on ne pouuoit pas tenir la ieunesse, & qu'il [199] dõnoit aduis
de leur mauuais dessein, & qu'on attendit pour cette année, qu'ils
dechargeroient leur cholere contre les Hiroquois leurs ennemis; &
qu'à lors la riuiere seroit libre. Ne vous en prenés point à nous,
disoit il, s'il arriue quelque mal-heur: car nous n'y scaurions
donner ordre. Là dessus pour gagner ce Sauuage ie demande la grace
du prisonnier ayant au prealable conuenu auec le sieur de Champlain,
lequel me repartit qu'il y alloit de sa vie, & que nostre grand Roy
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