The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
History
The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Vne autrefois ayant vn assez long-temps discouru sur nostre creance à
vne escouade, qui s'en retournoit chercher dequoy nourrir [80] leurs
femmes & leurs enfans, ie leur conseillay, au cas qu'ils ne peussent
rien trouuer, de se mettre à genoux, & de s'addresser à celuy qui a
fait le Ciel & la terre, de luy promettre qu'ils croiront en luy,
s'il les vouloit secourir: ils me promirent qu'ils le feroient; nous
leur presentasmes à cet effect vne petite Image de nostre Seigneur
Iesus-Christ, & les aduertismes de la façon qu'ils la deuoient placer
dans leur[s] grandes necessitez, des prieres qu'ils deuoient faire à
celuy qu'elle representoit, leur donnant bonne esperãce qu'ils seroient
secourus. Ie mis cette Image entre les mains d'vn nommé _Sakapouan_,
dont i'ay fait mention cy-dessus. Il me promit qu'il feroit de point
en point ce que nous luy auions ordonné: mais le miserable ne tint pas
sa promesse; car il n'osa iamais produire ceste Image, de [81] peur
d'estre gaussé de ses Compagnons, voire mesme il se rioit auec les
autres de ce que nous leur auions presché. Aussi Dieu le chastia-il,
car il tomba malade, & fut contraint de venir rechercher les François;
nous luy redemandasmes l'Image & la rendit. Interrogé pourquoy il
n'auoit point prié le Fils du Tout-puissant, Ie m'en estois allé,
respond-il, auec bonne volonté de le prier, i'auois conceu vne bonne
esperance, qu'il nous donneroit à manger, i'auois mesme retenu la
meilleure de toutes les oraisons que tu nous as enseigné: mais estant
arriué à nos cabanes, i'ay eu peur que si ie produisois l'Image,
qu'on ne s'en moquast, & que celuy qui a tout fait ne se faist chast
cõtre moy, & nous fist mourir. En vn mot le respect humain retiẽt
ce peuple. I'eus beau luy dire, que s'il eust esté fidele dans [82]
ces gausseries, s'il n'eust point adheré à ces mocqueurs, que Dieu
l'auroit puissamment assisté, Il faut, dit-il, parler à nos Capitaines.
Et en effet qui les auroit gaignez, il auroit tout gagné. Ie reuiens
tousiours sur mes brisées, qui sçauroit parfaictement la langue pour
les accabler de raisons, & pour refuter promptement leurs niaiseries,
seroit bien puissant parmy eux. Le temps apportera tout, & Dieu donnant
sa benediction, _Populus qui est in tenebris videbit lucem magnam_.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account