The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Quant à ce qui concerne les mœurs, les Hurons sont lascifs, quoy
qu'en deux chefs moins que plusieurs Chrestiens, qui rougiront [176]
vn iour deuant eux. Vous n'y verrez point de baisers, ny de caresses
deshonnestez; & dans le mariage vn homme y demeurera les deux & trois
ans entiers, sans cognoistre sa femme, tandis qu'elle est nourrice.
Ils sont gourmands iusques à rendre gorge: vray est que cela n'est pas
souuent, mais seulement en quelques festins superstitieux. Encore ne
s'y trouuent-ils pas volontiers; & d'ailleurs ils supportent beaucoup
mieux la faim que nous; si bien qu'apres auoir ieusné les deux ou
trois iours entiers, vous en verrez encore ramer, porter, chanter,
rire, gausser, cõme s'ils auoiẽt biẽ disné. Ils sont fort faineants,
menteurs, larrons, importuns demandeurs. Quelques-vns les estiment
vindicatifs; mais pour moy ie crois que ce vice est plus notable
ailleurs qu'icy. On y voit reluire d'assez belles vertus [177] morales.
Vous y remarquez en premier lieu vne grande amour & vnion, qu'ils
sont soigneux de cultiuer par le moyen de leurs mariages, de leurs
presens, de leurs festins, & de leurs frequentes visites. Au retour
de leur pesche, de leur chasse, & de leur traitte, ils s'entredonnent
beaucoup: s'ils y ont pris quelque chose d'exquis, ou mesme s'ils l'ont
acheté, ou si on le leur a donné, ils en font festin à tout le village:
l'hospitalité enuers toute sorte d'estrãgers y est remarquable. Ils
leur presentẽt en ces festins ce qu'ils ont preparé de meilleur, & cõme
i'ay desia dit, ie ne sçay si ailleurs il se recontre rien de pareil
en ce sujet. Il me semble auoir leu dans les vies [des] Peres, qu'vne
armée Payenne se conuertit, voyant la charité & l'hospitalité d'vne
ville Chrestienne, dont les habitans s'efforçoient à l'enuy de [178]
caresser & festoyer les Estrangers. Iugeant bien que ceux-là deuoient
professer la vraye Religion, & adorer le vray Dieu Pere commun de
tous, qui auoient vn cœur si benin, & faisoient indifferemment tant de
bien à toute sorte de personnes. Nous auons aussi esperance que nostre
Seigneur donnera en fin la lumiere de sa cognoissance, & communiquera
l'ardeur de ses graces à cette Nation, qu'il semble y auoir disposée
par la pratique de cette belle vertu. Ils ne refusent iamais la porte
à vn Estranger; & l'ayans receu vne fois en leur maison, ils luy font
part de ce qu'ils y ont de meilleur: ils ne luy donnent iamais son
congé; & quand il le prend de soy-mesme, il en est quitte pour vn
simple grand-mercy. Cela me fait esperer, que si vne fois il plaist
à Dieu de les illuminer, ils correspondront parfaictement [179] aux
graces & aux inspirations de son Fils. Et puis qu'il est venu comme
Estranger en sa propre maison, ie me promets que ces bonnes gens le
receuront à toutes heures en leur cœur, sans le faire attendre à la
porte par trop de dureté; sans luy rien espargner en toute l'estenduë
de leurs affections: sans le trahir & le chasser dehors par quelque
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