The life and correspondence of Sir Anthony Panizzi, K.C.B., Vol. 2 (of 2): Late principal librarian of the British museum, senator of Italy, etc.Fagan, Louis
History
The life and correspondence of Sir Anthony Panizzi, K.C.B., Vol. 2 (of 2): Late principal librarian of the British museum, senator of Italy, etc.
Fagan, Louis
Panizzi, Anthony, Sir, 1797-1879
mille autres matelots aussi bons. Il me paraît par trop bouffon de
la part de Lord Palmerston de dire que l’Angleterre ne cherche pas
et ne cherchera pas à former une coalition contre la France, et
d’ajouter aussitôt que les puissances inquiètes _will probably
come to some understanding_! Une autre assertion non moins
extravagante, c’est de nous accuser d’avoir encouragé l’Espagne a
faire la guerre au Maroc. J’étais en Espagne au moment où cette
guerre s’est faite, et s’il y a à Madrid un ministre anglais avec
des yeux et des oreilles, il aurait pu dire que la guerre a été
faite par l’explosion du sentiment national, et que les lettres de
Lord John Russell ont eu pour résultat d’exalter ce sentiment et
d’exciter à la haine contre l’Angleterre. Il n’est pas moins
étrange de prétendre que la France qui a aidé l’Angleterre à
retarder la destruction de l’empire Ottoman, pousse maintenant à
sa ruine. Vos ministres sont comme les malades qui ne veulent pas
que leur médecin leur dise que leur état est grave. Ressusciter ou
même faire vivre longtemps la Turquie est impossible, et il serait
insensé de se quereller sur les remèdes à lui donner, lorsqu’il
faudrait au contraire s’entendre sur la manière de l’enterrer. Que
la France ait de l’ambition, je ne le nie pas. C’est une idée ou
plutôt un préjugé national, qu’elle s’est amoindrie en perdant une
partie des conquêtes de la révolution. Je crois que l’Empereur ne
partage pas ce préjugé, mais, en tout cas, dans l’hypothèse qu’il
l’aurait, vous ne le supposez pas assez dépourvu de bon sens pour
risquer d’avoir toute l’Europe sur les bras, sur la chance d’ôter
cent cinquante mille âmes à la Bavière et autant à la Prusse? Ce
que la France gagnerait en étendue, elle le perdrait en
homogénéité, et, tout considéré, elle s’affaiblirait au lieu de
prendre des forces. Ce qui me frappe surtout dans la politique
anglaise de notre temps, c’est sa petitesse. Elle n’agit ni pour
des idées grandes, ni même pour des intérêts. Elle n’a que des
jalousies et se borne à prendre le contrepied des puissances qui
excitent ses sentiments de jalousie. Le résultat est de diminuer
son importance en Europe et de la réduire au rôle de puissance de
second ordre. En ménageant la chèvre et le chou comme elle a fait,
en observant la neutralité peu impartiale entre l’Autriche et la
France, elle n’a obtenu l’amitié ni de l’une ni de l’autre. Y
a-t-il quelque chose de plus misérable que sa politique à Naples
et en Vénétie? Comment M. de Rechberg peut-il avoir la moindre
confiance en des gens qui encouragent Garibaldi et Kossuth et qui
ne veulent pas l’affranchissement de la Vénétie? Tout se fait en
Angleterre en vue de conserver des portefeuilles. On fait toutes
les fautes possibles pour conserver une trentaine de voix
douteuses. On ne s’inquiète que du présent et on ne songe pas à
l’avenir. Il est certain qu’il y a dans ce moment en Europe un
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