... Tu me dis que ta santé est bonne; je trouve que tu la mets à de
terribles épreuves, et quoique ta vie soit moins pénible que quand tu
étais coupeur de bois à Machias, la quantité de leçons que tu es obligé
de donner me paraît une chose bien fatigante et bien ennuyeuse. J'espère
que tu seras devenu un peu moins difficile et moins sujet à l'ennui....
SERRE TO BADOLLET.
CAMBRIDGE, 13 décembre, 1782.
Mon cher ami, ma foi! je perds patience et je n'ai pas tout à fait tort.
Tu conviendras avec nous qu'après t'avoir écrit une douzaine de lettres
sans recevoir aucune réponse, il nous est bien permis d'être un peu en
colère. Au nom de Dieu, dis-nous où es-tu, que fais-tu, es-tu mort ou en
vie? Comment serait-il possible que tu n'eusses reçu aucune de nos
lettres, ou qu'en ayant reçu, tu te fusses si peu embarrassé de nous;
toi sur qui nous comptions si fort! Non; j'aime mieux croire que tu te
souviens encore de nous, et attribuer ta négligence apparente au mauvais
sort de tes lettres.
Je ne vais point te faire ici le détail de toutes nos aventures dans ce
pays, qui sont assez curieuses et intéressantes. Nous avons visité toute
la côte septentrionale des États-Unis depuis Boston jusqu'à Pasmacadie,
quelquefois séparés l'un de l'autre, mais le plus souvent ensemble; nous
avons habité parmi les sauvages, voyagé avec eux, par tems dans leurs
canots d'écorce, couché dans leurs cabanes et assisté à un de leurs
festins; nous nous sommes trouvés rassemblés cinq Genevois à Machias
pendant un hiver, au milieu des bois et des Indiens. Combien de fois
nous avons pensé à toi alors; combien de fois nous t'avons désiré pour
venir avec nous couper du bois le matin et le transporter dans notre
chaumière pour nous en chauffer. Mr. Lesdernier avec qui nous demeurions
a été fermier à Russin, et quoique depuis trente ans dans ce pays il a
conservé en entier cette humeur joviale et franche et cet esprit libre
qui caractérisent nos habitans de la campagne. La première fois que je
le vis je me sentis ému de joie, j'aurais voulu lui sauter au cou et
l'embrasser; je me crus à Genève parmi nos bons bourgeois de la campagne
et il me semblait voir en lui un ancien ami.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account