Notre but donc, mon cher ami, est le plus tôt que nous pourrons de nous
procurer un fond de terre et de nous mettre fermiers; ayant ainsi une
ressource sûre pour vivre agréablement et indépendants, nous pourrons
lorsque l'envie nous en prendra, aller de tems en tems faire quelques
excursions dans le dehors et courir le pays, ce qui est un de nos plus
grands plaisirs; or nous n'attendrons que toi pour accomplir notre
projet; fais ton paquet, je t'en prie, et hormis que tu ne sois dans des
circonstances bien avantageuses, viens nous joindre tout de suite. Je ne
saurais croire avec quel plaisir je m'imagine quelquefois nous voir tous
les trois dans notre maison de campagne occupés des différents soins de
la campagne, puis de tems en tems pour varier, aller visiter quelque
nouvelle partie du monde; si la fortune se trouve en passant, nous
mettons la main dessus; si au contraire quelque revers nous abat, nous
nous en revenons vite dans notre ferme, où nous en sommes quittes pour
couper notre bois nous-mêmes et labourer notre champ; voilà notre
pis-aller, et quel pis-aller! un de nos plus grands amusements!
Ah çà, nous t'attendons pour le plus tard le printems prochain. Pourvu
que tu aies de quoi payer ton passage, ne t'inquiète pas du reste. Nous
ignorons où nous serons positivement dans ce temps, mais dès le moment
que tu seras arrivé, si c'est à Boston va loger chez Tahon qui tient une
auberge française à l'enseigne de l'_alliance_ dans la rue appelée Fore
Street, prononcé Faure Strite. Si tu n'arrives pas à Boston, écris à
Tahon, qui t'indiquera où nous sommes. Emporte avec toi tout ce que tu
possèdes et tâche de te munir d'un ou deux bons baromètres et
thermomètres et de tubes pour en faire, avec une longue vue.
Adieu, mon cher ami; je ne sais point à qui adresser cette lettre pour
qu'elle te parvienne, car j'ignore totalement où est ta résidence
actuelle. Gallatin t'écrit aussi, ainsi je ne te dis rien de lui.
* * * * *
It was the watchful care and forethought of Mlle. Pictet that enabled
Gallatin to tide over the difficulties of these two years, by obtaining
the countenance and aid of Dr. Cooper, which opened to him the doors of
Harvard College. The following paper shows the position he occupied at
the college, which has been sometimes dignified by the name of
Professorship:
"At a meeting of the President and Fellows of Harvard College, July 2,
1782: Vote 5. That Mr. Gallatin, who has requested it, be permitted to
instruct in the French language such of the students as desire it and
who shall obtain permission from their parents or guardians in writing,
signified under their hands to the President; which students shall be
assessed in their quarter-bills the sums agreed for with Mr. Gallatin
for their instruction; and that Mr. Gallatin be allowed the use of the
library, a chamber in the college, and commons at the rate paid by the
tutors, if he desire it.
"Copy. Attest,
"JOSEPH WILLARD, President."
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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