MONSEIGNEUR,--Mme. Gallatin m'a fait voir la lettre où votre Altesse
Sérénissime montre toute sa sagesse, sa bonté et son goût en parlant
d'un jeune homme dont la raison est un peu égarée. Je vois que dans
cette lettre elle m'accorde un bienfait très-signalé, qu'on doit
rarement attendre des princes et même des médecins. Elle me donne un
brevet de trois ans de vie, car il faut trois ans pour faire venir ces
belles asperges dont vous me gratifiez. Agréez, monseigneur, mes
très-humbles remerciements. J'ose espérer de vous les renouveler dans
trois années; car enfin il faut bien que je me nourrisse d'espérance
avant que de l'être de vos asperges. Que ne puis-je être en état de
venir vous demander la permission de manger celles de vos jardins! La
belle révolution de Suède opérée avec tant de fermeté et de prudence par
le roi votre parent, donne envie de vivre. Ce prince est comme vous, il
se fait aimer de ses sujets. C'est assurément de toutes les ambitions la
plus belle. Tout le reste a je ne sais quoi de chimérique et souvent de
très-funeste. Je souhaite à Votre Altesse Sérénissime de longues années.
C'est le seul souhait que je puisse faire; vous avez tout le reste. Je
suis, avec le plus profond respect, monseigneur, de Votre Altesse
Sérénissime le très-humble et très-obéissant serviteur,
"Le vieux malade de Ferney,
"VOLTAIRE."
The correspondence of his Most Serene Highness, who made himself thus
loved by his subjects, cannot be said to sparkle like that of Voltaire;
yet, although the Landgrave's French was little better than his
principles, one of his letters to Mme. Gallatin may find a place here.
The single line in regard to his troops returning from America gives it
a certain degree of point which only Americans or Hessians are likely to
appreciate at its full value.
THE LANDGRAVE OF HESSE TO Me. GALLATIN-VAUDENET.
MADAME!--Je vous accuse avec un plaisir infini la lettre que vous avez
bien voulu m'écrire le 27 mars dernier, et je vous fais bien mes
parfaits remercîmens de la part que vous continuez de prendre à ma
santé, dont je suis, on ne peut pas plus, content. La vôtre m'intéresse
trop pour ne pas souhaiter qu'elle soit également telle que vous la
désirez. Puisse la belle saison qui vient de succéder enfin au tems rude
qu'il a fait, la raffermir pour bien des années, et puissiez-vous jouir
de tout le contentement que mes voeux empressés vous destinent.
Quoique la lettre dont vous avez chargé Mr. Cramer m'ait été rendue,
j'ai bien du regret d'avoir été privé du plaisir de faire sa
connaissance personnelle, puisqu'il ne s'est pas arrêté à Cassel, et n'a
fait que passer. Le témoignage favorable que vous lui donnez ne peut que
prévenir en sa faveur.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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