The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Damas peut bien contenir, m'a-t-on dit, cent mille âmes. [Footnote: Il y
dans le texte cent mille hommes. Si, par ce mot hommes, l'auteur entend les
habitans mâles, alors, pour comprendre les femmes dans la population, il
faudroit compter plus de deux cent mille individus au lieu de cent mille.
S'il entend les personnes en état de porter les aimes, son état de
population est trop fort et ne peut être admis.] La ville est riche,
marchande, et, après le Caire, la plus considérable de toutes celles que
possède le soudan. Au levant, au septentrion et au midi, elle a une grande
plaine; au ponant, une montagne au pied de laquelle sont batis les
faubourgs. Elle est traversée d'une rivière qui s'y divise en plusieurs
canaux, et fermée dans son enceinte seulement de belles murailles; car les
faubourgs sont plus grands que la ville. Nulle part je n'ai vu d'aussi
grands jardins, de meilleurs fruits, une plus grande abondance d'eau. Cette
abondance est telle qu'il y a peu de maisons, m'a-t-on dit, qui n'aient
leur fontaine.
Le seigneur (le gouverneur) n'a, dons toute la Syrie et l'Egypte, que le
seul soudan qui lui soit supérieur en puissance. Mais comme en différens
temps quelques-uns d'eux se sont revoltés, les soudans ont pris des
précautions pour les contenir. Du côté de terre est un grand et fort
chateau qui a des fossés larges et profonds. Ils y placent un capitaine à
leur choix, et jamais ce capitaine n'y laisse entrer le gouverneur.
En 1400 Damas fut détruite en cendres par le Trambulant (Tamerlan). On voit
encore des vestiges de ce désastre; et vers la porte qu'on appelle de
Saint-Paul, il y a un quartier tout entier qui n'est pas rebâti.
Dans la ville est un kan destiné à servir de dépôt de sûreté aux négocians
pour leurs marchandises. On l'appelle kan Berkot, et ce nom lui a été
donné, parce qu'il fut originairement la maison d'un homme nommé ainsi.
Pour moi, je crois que Berkot étoit Français; et ce qui me le fait
présumer, c'est que sur une pierre de sa maison sont sculptées des fleurs
de lis qui paroissent aussi anciennes que les murs.
Quoi qu'il en soit de son origine, ce fut un très-vaillant homme, et qui
jouit encore dans le pays d'une haute renommée. Jamais, pendant tout le
temps qu'il vécut et qu'il eut de l'autorité, les Persiens et Tartres
(Persans et Tatars) ne purent gagner en Syrie la plus petite portion de
terrain. Dès qu'il apprenoit qu'une de leurs armés y portoit les armes, il
marchoit contre elle jusqu'à une rivière au-delà d'Alep, laquelle sépare la
Syrie de la Perse, et qu'à vue de pays je crois être celle qu'on appelle
Jéhon, et qui vient tomber à Misses en Turcomanie. On est persuadé à Damas
que, s'il eût vécu, Tamerlan n'auroit pas osé porter ses armes de ce
côté-là. Au reste ce Tamerlan rendit honneur à sa mémoire quand il prit la
ville. En ordonnant d'y tout mettre à feu, il ordonna de respecter la
maison de Berkot; il la fit garder pour la défendre de l'incendie, et elle
subsiste encore.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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