The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Ces peuples s'accroupissent, pour uriner, comme les femmes; après quoi ils
se frottent le canal contre une pierre, contre un mur ou quelque autre
chose. Quant à l'autre besoin, jamais après l'avoir satisfait ils ne
s'essuient.
Hamos (Hems), bonne ville, bien fermée de murailles avec des fossés glacés
(en glacis), est située dans une plaine sur une petite rivière. Là vient
aboutir la plaine de Noë, qui s'étend, dit-on, jusqu'en Berse. C'est par
elle que déboucha ce Tamerlan qui prit et détruisit tant de villes. A
l'extrémité de la ville est un beau château, construit sur une hauteur, et
tout en glacis jusqu'au pied du mur.
De Hamos nous vinmes à Hamant (Hama). Le pays est beau; mais je n'y vis que
peu d'habitans, excepté les Arabes qui rebâtissoient quelques-uns des
villages détruits. Je trouvai dans Hamant un marchand de Venise nommé
Laurent Souranze. Il m'accueillit, me logea chez lui, et me fit voir la
ville et le chateau. Elle est garnie de bonnes tours, close de fortes et
épaisses murailles, et construite, comme le chateau de Provins, sur une
roche, dans laquelle on a creusé au ciseau des fossés fort profonds. A
l'une des extrémités se voit le château, beau et fort, tout en glacis
jusqu'au pied du mur, et construit sur une élévation. Il est entouré d'une
citadelle qu'il domine, et baigné par une rivière qu'on dit être l'une des
quatre qui sortent du paradis terrestre. Si le fait est vrai, je l'ignore.
Tout ce que je sais, c'est qu'elle descend entre le levant et le midi, plus
près du premier que du second, (est-sud-est), et qu'elle va se perdre à
Antioche.
Là est la roue la plus haute et la plus grande que j'aie vue de ma vie.
Elle est mise en mouvement par la rivière, et fournit à la consommation des
habitans, quoique leur nombre soit considérable, la quantité d'eau qui leur
est nécessaire. Cette eau tombe en une auge creusée dans la roche du
chateau; de là elle se porte vers la ville et en parcourt les rues dans un
canal formé par de grands piliers carrés qui ont douze pieds de haut sur
deux de large.
Il me manquoit encore différentes choses pour être, en tout comme mes
compagnons de voyage. Le namelouck m'en avoit averti, et mon hôte Laurent
me mena lui-même au bazar pour en faire l'acquisition. C'étoient de petites
coiffes de soie à la mode des Turcomans, un bonnet pour mettre sous la
coiffe, des cuillères Turques, des couteaux avec leur fusil, un peigne avec
son étui, et un gobelet de cuir. Tout celle s'attache et se suspend à
l'épée.
J'achetai aussi des pouçons [Footnote: Sorte de doigtier qu'on mettoit au
pouce, afin de le garantir et de le défendra de l'impression de la corde.]
pour tirer de l'arc, un tarquais nouveau tout garni, pour épargner le mien,
qui étoit très-beau, et que je voulois conserver; enfin un capinat: c'est
une robe de feutre, blanche, très-fine, et impénétrable à la pluie.
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