The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Quand on quitte les montagnes d'Arménie pour entrer dans le pays du karman,
on en trouve d'autres qu'il faut traverser encore. Sur l'une de celles-ci
est une gorge avec un château nommé Lève, où l'on paie au karman un droit
de passage. Ce péage étoit affermé à un Grec, qui, en me voyant, me
reconnut à mes traits pour chrétien, et m'arrêta. Si j'avois été obligé de
retourner, j'étois un homme mort, et on me l'a dit depuis: avant d'avoir
fait une demi lieue j'eusse été égorgé; car là caravane étpit encore fort
loin. Heureusement mon mamelouk gagna le Grec, et, moyennant deux ducats
que je lui donnai, il me livra passage.
Plus loin est le château d'Asers, et par-de-là le château une ville nommée
Araclie (Erégli).
En débouchant des montagnes on entre dans un pays aussi uni que la mer;
cependant on y voit encore vers la trémontane (le nord) quelques hauteurs
qui, semées d'espace en espace, semblent des îles au milieu des flots.
C'est dans cette plaine qu'est Erégli, ville autrefois fermée, et
aujourd'hui dans un grand délabrement. J'y trouvai au moins des vivres;
car, dans mes quatre jours de marche depuis Tharse, la route ne m'avoit
offert que de l'eau. Les environs de la ville sont couverts de villages
habités en très-grande partie par des Turcomans.
Au sortir d'Erégli nous trouvâmes deux gentilshommes du pays qui
paroissoient gens de distinction; ils firent beaucoup d'amitié au
mamelouck, et le menèrent, pour le régaler à un village voisin dont les
habitations son toutes creusées dans le roc. Nous y passâmes la nuit; mais
moi je fus obligé de passer dans une caverne le reste du jour, pour y
garder nos chevaux. Quand le mamelouck revint, il me dit que ces deux
hommes lui avoient demandé qui j'étois, et qu'il leur avoit répondu, en
leur donnant le change, que j'étois un Circassien qui ne savoit point
parler Arabe.
D'Erégli à Larande, où nous allâmes, il y a deux journées. Cette ville-ci,
quoique non close, est grande, marchande et bien située. Il y avoit
autrefois au centre un grand et fort château dont on voit encore les
portes, qui sont en fer et très-belles; mais les murs sont abbatus. D'une
ville à l'autre on a, comme je l'ai dit, un beau pays plat; et depuis Lève
je n'ai pas vu un seul arbre qui fût en rase campagne.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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