The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Il montra en la recevant une joie extrême, et alla aussitôt trouver ses
camarades, avec lesquelles il passa la nuit tout entière à boire. Pour lui,
il en prit tant que le lendemain, dans la route, il manqua d'en mourir;
mais il se guérit par une méthode qui leur est propre: dans ces cas-là, ils
ont une très-grande bouteille pleine d'eau, et à mesure que leur estomac se
vide et se débarrasse, ils boivent de l'eau tant qu'ils peuvent en avaler,
comme s'ils vouloient rincer une bouteille, puis ils la rendent et en
avalent d'autre. Il employa ainsi à se laver tout le temps de la route
jusqu'à midi, et il fut gueri entièrement.
De Larande nous allâmes à Qulongue, appelée par les Grecs Quhonguopoly.
[Footnote: Plus bas le copiste a écrit Quohongue et Quhongue. J'écrirai
désormais Couhongue.] Il y a d'un lien à l'autre deux journées. Le pays est
beau et bien garni de villages; mais il manque d'eau, et n'a, ni d'autres
arbres que ceux qu'on a plantés près des habitations pour avoir du fruit,
ni d'autre rivière que celle qui coule près de la ville.
Cette ville, grande, marchande, défendue par des fossés en glacis et par de
bonnes murailles garnies de tours, est la meilleure qu'ait le karman. Il
lui reste un petit château. Jadis elle en avoit un très-fort, qui étoit
construit au centre. On l'a jeté bas pour y bâtir le palais du roî.
[Footnote: L'auteur, d'après ses préjugés Européens, emploie ici le mot roi
pour désigner le prince, le souverain du pays.]
Je restai là quatre jours, afin de donner le temps à l'ambassadeur de
Cypre, et à la caravane d'arriver. Il arriva, ainsi qu'elle. Alors j'allai
demander à l'ambassadeur que, quand il iroit saluer le karman, il me permît
de me joindre à sa suite, et il me promit. Cependant il avoit parmi ses
esclaves quatre Grecs de Cypre renégats, dont l'un étoit son huissier
d'armes, et qui tous quatre firent auprès de lui des efforts pour l'en
détourner; mais il leur répondit qu'il n'y voyoit point d'inconvénient:
d'ailleurs j'en avois témoigné tant d'envie qu'il se fit un plaisir de
m'obliger.
On vint le prévenir de l'heure à laquelle il pourroit faire sa révérence au
roi, lui exposer le sujet de son ambassade, et offrir ses présens; car
c'est une coutume au-delà des mers qu'on ne paroit jamais devant un prince
sans en apporter quelques-uns. Les siens étoient six pièces de camelot de
Cypre, je ne sais combien d'aunes d'écarlate, une quarantaine de pains de
sucre, un faucon pélerin et deux arbalètes, avec une douzaine de vires.
[Footnote: Vives, grosses flèches qu se lançoient avec l'arbalète.]
On envoya chez lui des genets pour apporter les présens; et, pour sa
monture ainsi que pour sa suite, les chevaux qu'avoient laissés à la porte
du palais ceux des grands qui étoient venus faire cortège au roi pendant la
cérémonie.
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