The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Il en monta un, et mit pied à terre à l'entrée du palais; après quoi, nous
entrâmes dans une très-grande salle où il pouvoit y avoir environ trois
cents personnes. Le roi occupoit la chambre suivante, autour de laquelle
étoient rangés trente esclaves, tous debout. Pour lui, il étoit dans un
coin, assis sur un tapis par terre, selon la coutume du pays, vêtu de drap
d'or cramoisi, et le coude appuyé sur un carreau d'une autre sorte de drap
d'or. Près de lui étoit son épée; en avant, son chancelier debout, et
autour, à peu de distance, trois hommes assis.
D'abord on fit passer sous ses yeux les présens, qu'il parut à peine
regarder; puis l'ambassadeur entra accompagné d'un trucheman, parce qu'il
ne savoit point la langue Turque. Quand il eut fait sa révérence, le
chancelier lui demanda la lettre dont il étoit porteur, et la lut tout
haut. L'ambassadeur alors dit au roi, par son trucheman, que le roi de
Cypre envoyoit le saluer, et qu'il le prioit de recevoir avec amitié les
présens qu'il lui envoyoit.
Le roi ne lui répondît pas un mot. On le fit asseoir par terre, à leur
manière, mais audessous des trois personnes assises, et assez loin du
prince. Alors celui-ci demanda comment se portoit son frère le roi de
Cypre, et il lui fut répondu qu'il avoit perdu son père, qu'il envoyoit
renouveler l'alliance qui du vivant du mort, avoit subsisté entré les deux
pays, et que pour lui il la desiroit fort. Je la souhaite également, dit le
roi.
Celui-ci demanda encore à l'ambassadeur quand étoit mort le défunt, quel
âge avoit son successeur, s'il étoit sage, si son pays lui obéissoit bien;
et comme à ces deux dernières questions la réponse fut un oui, il témoigna
en être bien-aise.
Après ces paroles on dit à l'ambassadeur de se lever. Il obéit, et prit
congé du roi, qui ne se remua pas plus à son départ qu'il ne l'avoit fait à
son arrivée. En sortant il trouva devant le palais les chevaux qui
l'avoient amené. On lui en fit de nouveau monter un pour le reconduire à sa
demeure; mais à peine y fut-il arrivé que les huissiers d'armes se
présentèrent à lui. En pareilles cérémonies, c'est la coutume qu'on leur
distribue de l'argent, et il en donna.
Il alla ensuite saluer le fils aîné du roi, et lui présenter ses présens et
ses lettres. Ce prince étoit, comme son père, entouré de trois personnes
assises. Mais quand l'ambassadeur lui fit la révérence, il se leva, se
rassit, le fit asseoir à son tour au-dessus des trois personnages. Pour
nous autres qui l'accompagnions, on nous plaça bien en arrière. Moi j'avois
apperçu à l'écart un banc, sur lequel j'allai me mettre sans façon; mais on
vint m'en tirer, et il me fallut plier le jarret et m'accroupir à terre
avec les autres. De retour à l'hôtel, nous vîmes arriver un huissier
d'armes du fils, comme nous avions vu du père. On lui donna aussi de
l'argent, et au reste ces gens-là se contentent de peu.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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