The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Dans nos conversations, il me conta beaucoup de particularités sur le pays,
sur le caractère et le gouvernement du seigneur, et principalement sur la
manière dont il avoit pris et livré Ramedang.
Le karman, me dit-il, avoit un frère qu'il chassa du pays, et qui alla se
réfugier et chercher asile près du soudan. Le soudan n'osoit lui déclarer
la guerre; mais il le fit prévenir que s'il ne lui livroit Ramedang, il
enverroit son frère avec des troupes la lui faire. Le karman n'hésita
point, et plutôt que d'avoir son frère à combattre, il fit envers son
beau-frère une grande trahison. Antoine me dit aussi qu'il étoît lâche et
sans courage, quoique son peuple soit le plus vaillant de la Turquie. Son
vrai nom est Imbreymbas; mais on l'appelle karman, à cause qu'il est
seigneur de ce pays.
Quoiqu'il soit allié au grand-Turc, puisqu'il a épousé sa soeur, il le hait
fort, parce que celui-ci lui a pris une partie du Karman. Cependant il
n'ose l'attaquer, vu que l'autre est trop fort; mais je suis persuadé que
s'il le voyoit entrepris avec succès de notre côté, lui, du sien, ne le
laisseroit pas en paix.
En traversant ses états j'ai côtoyé une autre contrée qu'on nomme Gaserie.
Celle-ci confine, d'une part au Karman, et de l'autre à la Turcomanie, par
les hautes montagnes qui sont vers Tharse et vers la Perse. Son seigneur
est un vaillant guerrier appelé Gadiroly, lequel a sous ces ordres trente
mille hommes d'armes Turcomans, et environ cent mille femmes, aussi braves
et aussi bonnes pour le combat que les hommes.
Il y a là quatre seigneurs qui se font continuellement la guerre; c'est
Gadiroly, Quharaynich, Quaraychust et le fils de Tamerlan, qui, m'a-t-on
dit, gouverne la Perse.
Antoine m'apprit qu'en débouchant des montagnes d'Arménie par dé-là Erégli,
j'avois passé à demi-journée d'une ville célèbre où repose le corps de
saint Basile; il m'en parla même de manière à me donner envie de la voir.
Mais on me représenta si bien ce que je perdois d'advantages en me séparant
de la caravane, et ce que j'allois courir de risques en m'exposant seul,
que j'y renonçât.
Pour lui, il m'avoua que son dessein étoit de se rendre avec moi auprès de
monseigneur le duc; qu'il ne se sentoit nulle envie d'être Sarrasin, et que
s'il avoit pris quelque engagement à ce sujet, c'étoit uniquement pour
éviter la mort. On vouloit le circoncire; il s'y attendoit chaque jour, et
le craignoit fort. C'est un fort bel homme, âgé de trente six ans.
Il me dit encore que les habitans font, dans leurs mosquées, des prières
publiques, comme nous, dans les paroisses, nous en faisons tous les
dimanches pour les princes chrétiens et pour autres objets dont nous
demandons à Dieu l'accomplissement. Or une des choses qu'ils lui demandent,
c'est de les préserver de la venue d'un homme tel que Godefroi de Bouillon.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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