The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Cotthay, quoique assez considérable, n'a point de murs; mais elle a un beau
et grand château composé de trois forteresses placées l'une au-dessus de
l'autre sur le penchant d'une montagne, lequel a une double enceinte. C'est
dans cette place qu'étoit le fils aîné du grand-Turc.
La ville possède un caravanserai où nous allâmes loger. Déja il y avoit des
Turcs, et nous fûmes obligés d'y mettre tous nos chevaux pêle-mêle, selon
l'usage; mais le lendemain matin, au moment où j'apprêtois le mien pour
partir, je m'aperçus qu'on m'avoit pris l'une des courroies qui me servoit
à attacher derrière ma selle le tapis et autres objets que je portoîs en
trousse.
D'abord je criai et me fâchai beaucoup. Mais il y avoit là un esclave Turc,
l'un de ceux du fils aîné, homme de poids et d'environ cinquante ans, qui,
m'entendant et voyant que je ne parlois pas bien la langue, me prit par la
main et me conduisit à la porte du caravanserai. Là il me demanda en
Italien qui j'étois. Je fus stupéfait d'entendre ce langage dans sa bouche.
Je répondis que j'etois Franc. "D'où venez-vous? ajouta-t-il.--De Damas,
dans la compagnie d'Hoyarbarach, et je vais à Bourse retrouver un de mes
frères.--Eh bien, vous êtes un espion, et vous venez chercher ici des
renseignemens sur le pays. Si vous ne l'étiez pas, n'auriez-vous pas dû
prendre la mer pou; retourner chez vous?"
Cette inculpation à laquelle je ne m'attendois pas m'interdit; je répondis
cependant que les Vénitiens et les Génois se faisoient sur mer une guerre
si acharnée que je n'osois m'y risquer. Il me demanda d'où j'étois. Du
royaume de France, repartis-je. Etes-vous des environs de Paris? reprit il.
Je dis que non, et je lui demandai à mon tour s'il connoissoit Paris. Il me
répondit qu'il y avoit été autrefois avec un capitaine nommé Bernabo.
"Croyez-moi, ajouta-t-il, allez dans le caravanserai chercher votre cheval,
et amenez-le moi ici; car il y a là des esclaves Albaniens qui acheveroient
de vous prendre ce qu'il porte encore. Tandis que je le garderai, vous irez
déjeuner, et vous ferez pour vous et pour lui une provision de cinq jours,
parce que vous serez cinq journées sans rien trouver."
Je profitai du conseil; j'allai m'approvisionner, et je déjeunai avec
d'autant plus de plaisir que depuis deux jours je n'avois gouté viande, et
que je courois risque de n'en point tâter encore pendant cinq jours.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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