The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
De toutes celles que possède le Turc, c'est la plus considérable; elle est
grande, marchande, et située au pied et au nord du mont Olimpoa (Olympe),
d'où descend une rivière qui la traverse et qui, se divisant en plusieurs
bras, forme comme un amas de petites villes, et contribue à la faire
parôitre plus grande encore.
C'est à Burse que sont inhumées les seigneurs de Turquie (les sultans). On
y voit de beaux édifices, et surtout un grand nombre d'hôpitaux, parmi
lesquels il y en a quatre où l'on distribue souvent du pain, du vin et de
la viande aux pauvres, qui veulent les prendre pour Dieu. A l'une des
extrémités de la ville, vers le ponent, est un beau et vaste château bâti
sur une hauteur, et qui peut bien renfermer mille maisons. Là est aussi le
palais du seigneur, palais qu'on m'a dit être intérieurement un lieu
très-agréable, et qui a un jardin avec un joli étang. Le prince avoit alors
cinquante femmes, et souvent, dit-on, il va sur l'étang s'amuser en bateau
avec quelqu'une d'elles.
Burse étoît aussi le séjour de Camusat Bayschat (pacha), seigneur, ou,
comme nous autres nous dirions, gouverneur et lieutenant de la Turquie.
C'est un très-vaillant homme, le plus entreprenant qu'ait le Turc, et le
plus habile à conduire sagement une enterprise. Aussi sont-ce
principalement ces qualités qui lui ont fait donner ce gouvernement.
Je demandai s'il ténoit bien le pays et s'il savoit se faire obéir. On me
dit qu'il étoit obéi et respecté comme Amurat lui-même, qu'il avoit pour
appointemens cinquante mille ducats par an, et que, quand le Turc entroit
en guerre, il lui menoit à ses dépens vingt mille hommes; mais que lui, de
son côté, il avoit également ses pensionnaires qui, dans ce cas, étoient
tenus de lui fournir à leurs frais, l'un mille hommes, l'autre deux mille,
l'autre trois, et ainsi des autres.
Il y a dans Burse deux bazars; l'un où l'on vend des étoffes de soie de
toute espèce, de riches et belles pierreries, grande quantité de perles, et
à bon marché, des toiles de coton, ainsi qu'une infinité d'autres
marchandises dont l'énumération sèroit trop longue; l'autre où l'on achète
du coton et du savon blanc, qui fait là un gros objet de commerce.
Je vis aussi dans une halle un spectacle lamentable: c'étoient des
chrétiens, hommes et femmes, que l'on vendoit. L'usagé est de les faire
asseoir sur les bancs. Celui qui veut les acheter ne voit d'eux que le
visage et les mains, et un peu le bras des femmes. A Damas j'avois vu
vendre une fille noire, de quinze à seize ans; on la menoit au long des
rues toute nue, "fors que le ventre et le derrière, et ung pou au-desoubs."
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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