The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
C'est à Burse que, pour la première fois, je mangeai du caviare [Footnote:
Caviaire, caviar, cavial, caviat, sorte de ragoût ou de mets compose
d'oeufs d'esturgeons qu'on a saupoudrés de sel et séchés au soleil. Les
Grecs en font une grande consommation dans leurs différens carêmes.] à
l'huile d'olive. Cette nouriture n'est guère bonne que pour des Grecs, ou
quand on n'a rien de mieux.
Quelques jours après qu'Hoyarbarach fut arrivé j'allai prendre congé de lui
et le remercier des moyens qu'il m'avoit procurés, de faire mon voyage. Je
le trouvai au bazar, assis sur un haut siége de pierre avec plusieurs des
plus notables de la ville. Les marchands s'étoient joints à moi dans cette
visite.
Quelques-uns d'entre eux, Florentins de nation, s'intéressoient à un
Espagnol qui, après avoir été esclave du Soudan, avoit trouvé le moyen de
s'échapper d'Egypte et d'arriver jusqu'à Burse. Ils me prièrent de
l'emmener, avec moi. Je le conduisis à mes frais jusqu'à Constantinople, où
je le laissai; mais je suis persuadé que c'étoit un renégat. Je n'en ai
point eu de nouvelles depuis.
Trois Génois avoient acheté des épices aux gens de la caravane, et ils se
proposoient d'aller les vendre à Père (Péra), près de Constantinople,
par-delà le détroit que nous appelons le Bras-de-Saint-George. Moi qui
voulais profiter par leur compagnie, j'attendis leur départ, et c'est la
raison qui me fit rester dans Burse; car, à moins d'être connu, l'on
n'obtient point de passer le détroit. Dans cette vue ils me procurèrent une
lettre du gouverneur. Je l'emportai avec moi; mais elle ne me servit point,
parce que je trouvai moyen de passer avec eux. Nous partîmes ensemble.
Cependant ils m'avoient fait acheter pour ma sûreté un chapeau rouge fort
élevé, avec une huvette [Footnote: Huvette, sorte d'ornement qu'on mettoit
au chapeau.] en fil d'àrchal, que je portai jusqu'à Constantinople.
Au sortir de Burse nous traversâmes vers le nord une plaine qu'arrose une
rivière profonde qui va se jetter, quatre lieues environ plus bas, dans le
golfe, entre Constantinople et Galipoly. Nous eûmes une journée de
montagnes, que des bois et un terrain argileux rendirent très-pénible. Là
est un petit arbre qui porte un fruit un peu plus gros que nos plus fortes
cerises, et qui a la forme et le goût de nos fraises, quoiqu'un peu
aigrelet. Il est fort agréable à manger; mais si on en mange une certaine
quantité, il porte à la tête et enivre. On le trouve en Novembre et
Décembre. [Footnote: La description de l'auteur annonce qu'il s'agit ici de
l'arbousier.]
Du haut de la montagne on voit le golfe de Galipoly. Quand on l'a descendu
on entre dans une vallée terminée par un très-grand lac, autour duquel sont
construites beaucoup de maisons. C'est là que j'ai vu pour la première fois
faire des tapis de Turquie. Je passai la nuit dans la vallée. Elle produit
beaucoup de riz.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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