The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
J'écris ceci pour servir d'avertissement aux voyageurs qui, comme moi,
auroient affaire à des Grecs. Tous ceux avec qui j'ai eu à traiter ne m'ont
laissé que de la défiance. J'ai trouvé plus de loyauté en Turquie. Ce
peuple n'aime point les chrétiens qui obéissent à l'église de Rome; la
soumission qu'il a faite depuis à cette église étoit plus intéressée que
sincère. [Footnote: En 1438, Jean Paléologue II vint en Italie pour réunir
l'église Grecque avec la Latine, et la réunion eut lieu l'année suivante au
concile de Florence. Mais cette démarche n'étoit de la part de l'empereur,
ainsi que le remarque la Brocquière, qu'une opération politique dictée par
l'intérêt, et qui n'eut aucune suite. Ses états se trouvoient dans une
situation si déplorable, et il étoit tellement pressé par les Turcs, qu'il
cherchoit à se procurer le secours des Latins; et c'est dans cet espoir
qu'il étoit venu leurrer le pape. Cette époque de 1438 est remarquable pour
notre voyage. Elle prouve que la Brocquière, puisqu'il la cite, le publia
postérieurement à cette année-là.] Aussi m'a-t-on dit que, peu avant mon
passage, le pape, dans un concile général, les avoit déclarés schismatiques
et maudits, en les dévouant à être esclaves de ceux qui étoîent esclaves.
[Footnote: Fait faux. Le concile général qui eut lieu peu avant le passage
de l'auteur par Constantinople est celui de Bále en 1431. Or, loin d'y
maudire et anathématiser les Grecs, on s'y occupa de leur réunion. Cette
prétendue malédiction étoit sans doute un bruit que faisoient courir dans
Constantinople ceux qui ne vouloient pas de rapprochement, et le voyageur
le fait entendre par cette expression, l'on m'a dit.]
Péra est une grande ville habitée par des Grecs, par des Juifs et par des
Génois. Ceux-ci en sont les maîtres sous le duc de Milan, qui s'en dit le
seigneur; ils y ont un podestat et d'autres officiers qui la gouvernent à
leur manière. On y fait un grand commerce avec les Turcs; mais les Turcs y
jouissent d'un droit de franchise singulier: c'est que si un de leurs
esclaves s'échappe et vient y chercher un asile, on est obligé de le leur
rendre. Le port est le plus beau de tous ceux que j'ai vus, et même de tous
ceux, je crois, que possèdent les chrétiens, puisque les plus grosses
caraques Génoises peuvent venir y mettre échelle à terre. Mais comme tout
le monde sait cela, je m'abstiens d'en parler. Cependant il m'a semblé que
du côté de la terre, vers l'église qui est dans le voisinage de la porte, à
l'extrémité du havre, il y a un endroit foible.
Je trouvai à Péra un ambassadeur du duc de Milan, qu'on appeloit messire
Benedicto de Fourlino. Le duc, qui avoit besoin de l'appui de l'empereur
Sigismond contre les Vénitiens, et qui voyoit Sigismond embarrassé à
défendre des Turcs son royaume de Hongrie, envoyoit vers Amurat une
ambassade pour négocier un accommodement entre les deux princes.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Elsewhere in the archive
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account