The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
De temps en temps il fait de grands exemples de justice bien remarquables;
ce qui lui procure d'être parfaitement obéi tant dans son intérieur
qu'au-dehors. D'ailleurs il sait maintenir son pays dans un excellent état
de défense, et il n'emploie vis-à-vis de ses sujets Turcs ni taille ni
aucun genre d'extorsion. [Footnote: Ceci est une satire indirecte des
gouvernemens d'Europe, où chaque jour les rois, et même les seigneurs
particuliers, vexoient ce qu'ils appéloient leurs hommes ou leurs sujets
par des tailles arbitraires et des milliers d'impôts dont les noms étoient
aussi bizarres que l'assiette et la perception en étoient abusives.]
Sa maison est composée de cinq mille personnes tant à pied qu'à cheval;
mais à l'armée il n'augmente en rien leurs gages: de sorte qu'en guerre il
ne depense pas plus qu'en paix.
Ses principaux officiers sont trois baschas ou visiers-bachas
(visirs-bachas.) Le visir est un conseiller; le bâcha, une sorte de chef ou
ordonnateur. Ces trois personnages sont chargés de tout ce qui concerne sa
personne ou sa maison, et on ne peut lui parler que par leur entremise.
Quand il est en Grèce, c'est le seigneur de Grèce (le gouverneur) qui a
l'inspection sur les gens de guerre; quand il est en Turquie, c'est le
seigneur de Turquie.
Il a donné de grandes seigneuries; mais il peut les retirer à son gré.
D'ailleurs ceux auxquels il les accorde sont tenus de le servir en guerre
avec un certain nombre de troupes à leurs frais. C'est ainsi que, tous les
ans, ceux de Grèce lui fournissent trente mille hommes qu'il peut employer
et conduire par-tout où bon lui semble; et ceux de Turquie dix mille,
auxquels il n'a que des vivres à fournir. Veut-il former une armée plus
considérable, la Grèce seule, m'a-t-on dit, peut alors lui donner cent
vingt mille hommes; mais ceux-ci, il est obligé de les soudoyer. La paie
est de cinq aspers pour un fantassin, de huit pour un cavalier.
Cependant j'ai entendu dire que sur ces cent vingt mille hommes il n'y en
avoit que la moitié, c'est-à-dire les gens de cheval, qui fussent en bon
état, bien armés de tarquais et d'épée; le reste est composé de gens de
pied mal équippés. Celui d'entre eux qui a une épée n'a point d'arc, celui
qui a un arc n'a ni épée ni arme quelconque, beaucoup même n'ont qu'un
bâton. Et il en est ainsi des piétons que fournit la Turquie: la moitié
n'est armée que de bâtons; cependant ces piétons Turcs sont plus estimés
que les Grecs, et meilleurs soldats.
D'autres personnes dont je regarde le témoignage comme véritable m'ont dit
depuis que les troupes qu'annuellement la Turquie est obligée de fournir
quand le seigneur veut former son armée, montent à trente mille hommes, et
celles de Grèce à vingt mille, sans compter deux ou trois mille esclaves
qui sont à lui, et qu'il arme bien.
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