The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Le troisième jour, les bachas lui firent savoir qu'ils étoient prêts à
apprendre de lui le sujet qui l'amenoit. Il se rendit aussitôt à la cour,
et je l'y accompagnai. Déja le maître avoit tenu son audience; il venoit de
se retirer, et les bachas seuls étoient restés avec le béguelar ou seigneur
de Grèce. Quand nous eûmes passé la porte nous les trouvâmes tous quatre
assis en dehors de la galerie, sur un pièce de bois qui se trouvoit là. Ils
envoyèrent dire à l'ambassadeur d'approcher. On mit par terre, devant eux,
un tapis, et ils l'y firent asseoir comme un criminel qui est devant son
juge. Cependant il y avoit dans le lieu une assez grande quantité de monde.
Il leur exposa le sujet de sa mission, qui consistoit, m'a-t-on dit, à
prier leur maitre, de la part du duc de Milan, de vouloir bien abandonner à
l'empereur Romain Sigismond la Hongrie, la Valaquie, toute la Bulgarie
jusqu'à Sophie, le royaume de Bosnie, et la partie qu'il possédoit
d'Albanie dépendante d'Esclavonie. Ils répondirent qu'ils ne pouvoient pour
le moment en instruire leur seigneur, parce qu'il étoit occupé; mais que
dans dix jours ils feroient connoitre sa réponse, s'il la leur avoit
donnée. C'est encore là une chose d'usage, que dès le moment où un
ambassadeur est annoncé tel, il ne peut plus parler au prince; et ce
règlement a lieu depuis que le grand-père de celui-ci a péri de la main
d'un ambassadeur de Servie. L'envoyé étoit venu solliciter auprès de lui
quelque adoucissement en faveur de ses compatriotes, que le prince vouloit
réduire en servitude. Désespéré de ne pouvoir rien obtenir, il le tua, et
fut lui-même massacré à l'instant. [Footnote: Le grand-père d'Amurath II
est Bajazet I'er, qui mourut prisonnier de Tamerlan, soit qu'il ait été
traite avec égards par son vainqueur, comme le veulent certains écrivains,
soit qu'il ait péri dans une cage de fer, comme le prétendent d'autres:
ainsi l'historiette de l'ambassadeur de Servie ne peut le regarder. Mais on
lit dans la vie d'Amurath I'er, père de Bajazet, et par conséquent bisaleul
d'Amurath II, un fait qui a pu donner lieu à la fable de l'assassinat. Ce
prince, en 1389, venoit de remporter sur le despote de Servie une victoire
signalée dans laquelle il l'avoit fait prisonnier, et il parcouroit le
champ de bataille quand, passant auprès d'un soldat Tréballien blessé à
mort, celui-ci le reconnoit, ranime ses forces et le poignarde.
Selon d'autres auteurs, le despote, qui se nommoit Lazare ou Eléazar
Bulcowitz, se voit attaqué par une puissante armée d'Amurath. Hors d'état
de résister, il emploie la trahison: il gagne un des grands seigneurs de sa
cour, qui feint de passer dans le parti du sultan, et l'assassine.
(Ducange, Familiæ Bisant p. 334.)
Enfin, selon une autre relation, Amurath fut tué dans le combat; mais
Lazare, fait prisonnier par les Turcs, est par eux coupé en morceaux sur le
cadavre sanglant de leur maître.
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