The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
La place, forte par sa situation et par ses fossés, tous en glacis, a une
enceinte de doubles murs bien entretenus, et qui suivent très-exactement
les contours du terrain. Elle est composée de cinq forteresses, dont trois
sur le terrain élevé dont je viens de parler, et deux sur la rivière. De
ces deux-ci, l'une est fortifiée contre l'autre; mais toutes deux sont
commandées par les trois premières.
Il y a aussi un petit port qui peut contenir quinze à vingt galères, et qui
est défendu par une tour construite à chacune de ses extrémités. On le
ferme avec une chaîne qui va d'une tour à l'autre. Au moins c'est ce qu'on
m'a dit; car les deux rives sont si éloignées que moi je n'ai pu la voir.
Je vis sur la Sanne six galères et cinq galiottes. Elles étoient près l'une
des cinq forteresses, la moins forte de toutes. Dans cette forteresse sont
beaucoup de Rasciens; mais on ne leur permet point d'entrer dans les quatre
autres.
Toutes cinq sont bien garnies d'artillerie. J'y ai remarqué sur-tout trois
bombardes de métail (canons de bronze) dont deux étoient de deux pièces,
[Footnote: La remarque que l'auteur fait ici sur ces trois canons
sembleroit annoncer que ceux de bronze étoient rares encore, et qu'on les
regardoit comme une sorte de merveille. Louis XI en fit fondre une
douzaine, auxquels il donna le nom des douze pairs. (Daniel, Mil. Franc, t.
I, p. 825.)] et l'une d'une telle grosseur que jamais je n'en ai vu de
pareille: elle avoit quarante-deux pouces de large dedans où la pierre
entre (sa bouche avoit quarante-deux pouces de diamètre); mais elle me
parut courte pour sa grosseur. [Footnote: La mode alors étoit de faire des
pièces d'artillerie d'une grosseur énorme. Peu dé temps après l'époque où
écrivoit notre auteur, Mahomet II, assiégeant Constantinople, en employa
qui avoient été fondues sur les lieux, et qui portoient, dit on, deux cents
livres de balle. La Chronique Scandaleuse et Monstrelet parlent d'une sorte
d'obus que Louis XI fit fondre à Tours, puis conduire à Paris, et qui
portoit des balles de cinq cents livres. En 1717, le prince Eugène, après
sa victoire sur les Turcs, trouva dans Belgrade un canon long de près de
vingt-cinq pieds, qui tiroit des boulets de cent dix livres, et dont la
charge étoit de cinquante-deux livres de poudre (Ibid p. 323.) C'étoit
encore un usage ordinaire de faire les boulets en grès ou en pierre,
arrondis et taillés de calibre pour la pièce. Et voilà pourquoi la
Brocquière, parlant de l'embouchure du canon, emploie cette expression,
"dedens où LA PIERRE entre."]
Le capitaine (commandant) de la place étoit messire Mathico, chevalier de
Aragouse (d'Arragon), et il avoit pour lieutenant un sien frère, qu'on
appeloit le seigneur frère.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Elsewhere in the archive
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account