The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Sur le Danube, deux journées au-dessous de Belgrade, le Turc possède ce
château de Coulombach, qu'il a pris au despote. C'est encore une forte
place, dit-on, quoique cependant il soit aisé de l'attaquer avec de
l'artillerie et de lui fermer tout secours; ce-qui est un grand
désavantage. Il y entretient cent fustes pour passer en Hongrie quand il
lui plaît. Le capitaine du lieu est ce Ceynam-Bay dont j'ai parlé
ci-devant.
Sur le Danube encore, mais à l'opposite de Belgrade, et dans la Hongrie, le
despote possède également une ville avec château. Elle lui a été donnée par
l'empereur, [Footnote: Sigismond, roi de Bohême et de Hongrie. On prétend
que Sigîsmond ne les donna qu'en échange de Belgrade.] avec plusieurs
autres, qui lui font un revenu de cinquante mille ducats, et c'étoit à
condition qu'il deviendroit son homme [Footnote: Deviendroit son homme.
Cette expression de la féodalité du temps indique l'obligation du service
militaire et de la fidélité que le vassel devoit à son suzerain.] mais il
obéit plus au Turc qu'à l'empereur.
Deux jours après mon arrivée dans Belgrade j'y vis entrer vingt-cinq hommes
armés à la manière du pays, que le gouverneur comte Mathico y faisoit venir
pour demeurer en garnison. On me dit que c'étoient des Allemands pour
garder la place, tandis qu'on avoit si près des Hongrois, et des Serviens.
On me répondit que les Serviens, étant sujets et tributaires du Turc, on se
garderoit bien de la leur confier; et que quant aux Hongrois, ils le
redoutoient tant que s'il paroissoit, ils n'oseroient la défendre contre
lui, quelque forte qu'elle fût. Il falloit donc y appeler des étrangers; et
cette mesure devenoit d'autant plus nécessaire que c'étoit la seule place
que l'empereur possédât pour passer sur l'autre rive du Danube, ou pour le
repasser en cas de besoin.
Ce discours m'étonna beaucoup; il me fit faire des réflexions sur l'étrange
sujettion où le Turc tient la Macédoine et la Bulgarie, l'empereur de
Constantinople et les Grecs, le despote de Rascie et ses sujets. Cette
dépendance me parut chose lamentable pour la chrétienté. Et comme j'ai vécu
avec les Turcs, que je connois leur manière de vivre et de combattre, que
j'ai hanté des gens notables qui les ont vus de près dans leurs grandes
entreprises, je me suis enhardi à écrire, selon mes lumières, quelque chose
sur eux, et à montrer, sauf correction de la part de ceux qui sont plus
instruits que moi, comment il est possible de reprendre les états dont ils
se sont emparés, et de les battre sur un champ de bataille.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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