The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Et d'abord, pour commencer par leur personnel, je dirai que ce sont d'assez
beaux hommes, portant tous de longues barbes, mais de moyenne taille et de
force médiocre. Je sais bien que, dans le langage ordinaire, on dit fort
comme un Turc; cependant j'ai vu une infinité de chrétiens qui, dans les
choses où il faut de la force, l'emportoient sur eux; et moi-même, qui ne
suis pas des plus robustes, j'en ai trouvé, lorsque les circonstances
exigeoient quelque travail, de plus foibles que moi encore.
Ils sont gens diligens, se lèvent matin volontiers, et vivent de peu en
compagne; se contentant de pain mal cuit, de chair crue séchée au soleil,
de lait soit caillé soît non caillé, de miel, fromage, raisins, fruits,
herbages, et même d'une poignée de farine avec laquelle ils feront un
brouet qui leur suffira pour un jour à six ou huit. Ont-ils un cheval ou un
chameau malade sans espoir de guérison, ils lui coupent la gorge et le
mangent. J'en ai été témoin maintes fois. Pour dormir ils ne sont point
embarassés, et couchent par terre.
Leur habillement consiste en deux ou trois robes de coton l'une sur
l'autre, et qui descendent jusqu'aux pieds. Par-dessus celles-là ils en
portent, en guise de manteau, une autre de feutre qu'on nomme capinat. Le
capinat, quoique léger, résiste à la pluie, et il y en a de très-beaux et
de très-fins. Ils ont des bottes qui montent jusqu'aux genoux, et de
grandes braies (caleçons), qui pour les uns sont de velours cramoisi, pour
d'autres de soie, de futaine, d'étoffes communes. En guerre ou en route,
pour n'être point embarrassés de leurs robes, ils les relèvent et les
enferment dans leurs caleçons; ce qui leur permet d'agir librement.
Leurs chevaux sont bons, coûtent peu à nourir, courent bien et longtemps;
mais ils les tiennent très-maigres et ne les laissent manger que la nuit,
encore ne leur donnent-ils alors que cinq ou six jointées d'orge et le
double de paille picade (hachée): le tout mis dans une besace qu'ils leur
pendent aux oreilles. Au point du jour, ils les brident, les nettoient, les
étrillent; mais ils ne les font boire qu'à midi, puis l'après-diner, toutes
les fois qu'ils trouvent de l'eau, et le soir quand ils logent ou campent;
car ils campent toujours de bonne heure, et près d'une rivière, s'ils le
peuvent. Dans cette dernière circonstance ils les laissent bridés encore
pendant une heure, comme les mules. Enfin vient un moment où chacun fait
manger le sien.
Pendant la nuit ils les couvrent de feutre ou d'autres étoffes, et j'ai vu
de ces couvertures qui étoient très-belles; ils en ont même pour leurs
lévriers, [Footnote: Le mot lévrier n'avoit pas alors l'acception exclusive
qu'il a aujourd'hui; il se prenoit pour le chien de chase ordinaire.]
espèce dont ils sont très-curieux, et qui chez eux est belle et forte,
quoiqu'elle ait de longues oreilles pendantes et de longues queues
feuillées (touffues), que cependant elle porte bien.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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