Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4) — John Shaqi
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)Hutton, James
Science
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)
Hutton, James
Geology -- Early works to 1800
«Ici nous nous trouvons au point où le glacier des bois se divise, comme
je l'ai dit, § 611, en deux grandes branches, dont l'une tourne à droite
vers le Mont-Blanc, et prend le nom de glacier de _Tacul_, et l'autre
à gauche se nomme le glacier de _Lechaud_. Il seroit, sans doute, plus
intéressant de suivre celle de la droite, et de s'approcher ainsi du
Mont-Blanc; ses pentes de neige et de glace, qui se presentent à nous,
semblent même n'être point absolument inaccessibles: mais ce sont des
apparences trompeuses; des glaciers entrecoupés de profondes crevasses
masquées çà et là par des couches minces de neige les approches de cette
redoutable montagne, quoique peut-être en choisissant une année ou il
seroit tombé beaucoup de neige, et en prenant le temps où cette neige
seroit encore ferme, quelque chasseur adroit et courageux pourroit
tenter cette route.
«Comme dans ce moment cette entreprise est absolument impraticable, nous
suivons la branche gauche de la vallée, et après deux heures de marche
sur le glacier des bois, nous en sortons au pied de celui du Taléfre,
c'est-à-dire, à l'endroit où celui-ci vient verser sa glace dans
celui-là qui a changé de nom, et qui s'appelle ici le _glacier de
Léchaud_.
«La vue du glacier du Taléfre est ici majestueuse et terrible. Comme la
pente par laquelle il descend est extrêmement rapide, les glaçons se
pressant mutuellement, se dressent, se relèvent, et présentent des
tours, des pyramides diversement inclinées, qui semblent prêtes à
écraser le voyageur téméraire qui oseroit s'en approcher.
«Pour parvenir au sommet de ce glacier, où il est moins incliné et par
cela même moins inégal, nous gravissons le rocher qui est à la gauche du
côté du couchant. Ce rocher se nomme _le Couvercle_; il est dominé par
une cime inaccessible, qui, suivant l'usage du pays, est décorée du nom
_aiguille_, et, en prenant le nom du glacier le plus proche, s'appelle
_l'aiguille du Taléfre_.
«La pente, par laquelle on gravit le couvercle, est excessivement
rapide; on suit une espèce de sillon creusé dans le roc par la nature;
quelques pointes de roc aux quelles on se cramponne, en montant avec les
mains, autant et plus qu'avec les pieds, ont fait donner à ce passage le
nom _d'égralets_ ou de petits degrés. Ce passage n'est cependant point
dangereux, parce que le roc, qui est un granit très-cohérent, permet
d'assurer toujours solidement les mains et les pieds; mais la rapidité
le rend un peu effrayant à la descente.
«Lorsqu'on est au haut des égralets, on suite un pente beaucoup moins
rapide; on marche tantôt sur du gazon, tantôt sur de grandes tables de
granit, et on arrive ainsi au bord du plan du glacier du Taléfre. On
nomme le _plan_ d'un glacier la partie élevée et à-peu-près horizontale
dans laquelle on peut le traverser.
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